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Sultan Zembellat

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Avant de parler de la Musique Gabonaise qui représente une richesse du fait de sa variation d’une région à l’autre, je vais tout d’abord raconter brièvement l’histoire du Gabon. Le titre de cet article aurait pu s’intituler  » Voyage au Gabon  » ou  » Découverte de Libreville « . En fait, le 6 août 2006 je suis allé à la découverte de ce pays très riche en matières premières et également sur le plan Culturel. J’ai pu trois semaines durant mon voyage à Libreville rencontrer le monde artistique, les médias et tisser des liens avec des Gabonais dont j’apprécie l’hospitalité. Pour ma part, le Gabon qui m’a beaucoup inspiré est aussi un Paradis et une terre d’accueil. Tout d’abord, l’atterrissage sur Libreville donne l’impression d’être sur l’Amazonie du fait de sa forêt dense et de l’embouchure d’un fleuve envahie par la mer. Aussi, la paix qui règne dans cet Etat comparativement à d’autres pays d’Afrique donne une bonne image du Gabon. De plus, beaucoup d’étrangers sont bien accueillis au Gabon. Mon voyage au Gabon m’a permis d’écrire de nouvelles chansons avec d’autres sensibilités. Enfin, je remercie vivement la RTG1 ( Radio Télévision Gabonaise ) pour m’avoir réalisé deux vidéo clip. Mes remerciements vont également à Africa N°1 pour l’accueil chaleureux que son équipe m’a réservé.

Histoire du Gabon

Le Président Léon Mba

Le Président Léon Mba

En 1472 les Portugais venant de Sao – Tomé et l’île de Prince arrivent sur les côtes du Gabon Estuaire. Les Portugais sont les premiers à pratiquer le troc avec les populations du littoral. Mais les espagnols, les hollandais et les français marquent plus tard leur arrivée au Gabon. Le comptoir du Gabon est né d’un mouvement anti-esclavagiste dont l’objectif est la suppression de la traite négrière sur cette côte Africaine. C’est dans ce contexte que la marine française envoie le lieutenant de vaisseau Bouët – Willaumez dans les eaux du Gabon pour surveiller cette zone, mais aussi pour punir les populations de la rive droite de l’Estuaire du village Kringer qui pillent en 1837 deux bateaux français  » la jeune Amélie et  » le jeune Frédéric « . Ainsi, le lieutenant Bouët passe une convention avec le Roi Rapotchombo en février 1839, comportant la cession à la France de deux terrains. Un autre accord conclu avec le Roi Louis Anguillet-Re-Dowé le 18/03/1842 permet l’acquisition de la rive droite de l’Estuaire.

1/ Fondation de Libreville en 1849

Le Gabon est né de la surveillance de la traite négrière. En 1846 un vaisseau français,  » la Frégate Pénérope  » arraisonne un brick de commerce d’esclaves capturé au Congo. Après avoir pendu l’équipage qui résiste aux sommations d’usage, les français débarquent sur l’île de Gorée au Sénégal les esclaves qui sont libérés le 28 juin 1846. Le ministère de la marine sous l’influence de certains colons projettent de développer la Culture de certaines espèces étrangères et décident d’envoyer les esclaves libérés au Gabon pour servir comme main -d’œuvre libre dans les plantations. En 1849 Bouët – Willaumez devient chef de division navale de l’Atlantique et concrétise ce projet.

Le Président Omar Bongo Ondimba

Le Président Omar Bongo Ondimba

Sur 261 esclaves libérés de  » l’Elizia  » et installés à Gorée, seuls 52 dont deux enfants arrivent au Gabon le 18 septembre 1849. Les autres sont morts d’épuisement ou ont refusé de perdre leur emploi rémunéré au Sénégal. Au Gabon l’administration donne aux immigrés un terrain à proximité de l’ancienne paroisse Saint Pierre, village de 48 cases construites sous la direction du Capitaine de génie Parent. Enfin s’ajoutent aux rescapés de  » l’Elizia  » 28 autres esclaves libérés d’un négrier capturé. Certains sont placés à l’endroit où se trouve la brigade des recherches au plateau et d’autres à la montagne Sainte. Bouët donne à cette agglomération le nom de Libreville, à l’exemple de Freetown, capitale de la Sierra- Leone  ( ville des  libérés ).

africa-papy-029Les nouveaux Gabonais élisent un Conseil Municipal et un Maire. C’est ainsi que Mountier devient le premier Maire noir de la ville de Libreville. La commune de Libreville est composée du village des anciens esclaves et des autochtones. L’administration de la marine qui gouverne le Gabon émigre du fort d’Aumal ( Sainte Marie ) au Plateau ( Présidence actuelle ). Toute cette agglomération est appelée le Plateau, une dérivation du mot et ethnie  » Mpongwé Myéné  »  » Gué Pila Anto « , d’où viennent les femmes et anciennes plantations des familles Aguékasa de Quaben et de Louis. Les quartiers  » Mpongwé  » de Glass  » et de Louis peuplés d’autochtones ne font pas à cette époque partie de Libreville. Les quartiers  » Mpongwé  » de Glass  » et de Louis peuplés d’autochtones ne font pas à cette époque partie de Libreville. Un  » no man’s land  » sépare Libreville de Louis et de Glass. C’est par extension que les quartiers périphériques à la cité des esclaves sont intégrés progressivement au Plateau pour former le grand Libreville d’aujourd’hui.

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1/ La naissance du Makossa

Anne Marie Nzié la Reine de Bikutsi

Anne Marie Nzié la Reine de Bikutsi

L’on ne peut parler de la Rumba Congolaise sans citer le Makossa voisin dérivé du High Life et de la musique traditionnelle de l’ethnie Douala. Tout comme la Rumba Congolaise qui subit l’influence de du High Life venu du Ghana et de la Musique Cubaine, le Cameroun n’est pas du reste. D’ailleurs, dans les années 50 le Méréngué venu de Saint – Domaingue rencontre un grand succès au Cameroun voisin de la Centrafrique. Aussi, le Mambo ou le Baténgué bal populaire joué par des habitants d’Afrique centrale de 1950 à 1970 prend sa source entre la Cameroun et la Centrafrique. Peu à peu le Cameroun tourne le dos à l’influence Ghanéenne et Dominicaine pour faire du Makossa une identité nationale. Avec l’évolution aidant, les Camerounais enrichissent le Makossa avec l’apport du Jazz, Pop, de la Soul et de la Rumba Congolaise.

2/ Les Pionniers du Makossa

Richard Bona

Richard Bona

Parmi les pères fondateurs du Makossa, l’on peut citer Nèl Eyoum et Ebanda Manfred tous deux de l’ethnie Douala, minoritaire au Cameroun mais avec une culture dominante puisque la musique populaire est chantée dans cette langue. Les Douala sont des bantous qui parlent une langue proche de lingala du Congo. Manu Dibango et Francis Beybey qui font partie eux aussi de cette première génération des artistes Camerounais modernisent le Makossa par des arrangements empruntés au Jazz, Pop et à la Soul. Jean Bikoko Aladin et Anne Marie N’zié classés parmi ces pionniers développent l’Assiko et le Bikutsi musiques des ethnies Bassa et de l’ensemble bantou constitué d’Ewondo, Boulou, Béti et Fan.

3/ La Deuxième génération des artistes du Makossa

Francis Bebey

Francis Bebey

La deuxième génération des artistes Camerounais apporte au Makossa un souffle nouveau et le permet de s’exporter. Ainsi, l’on peut nommer Eboa Lottin poète et guitariste de talent qui se distingue de cette seconde génération d’artistes Camerounais. Ce fils d’un pasteur Luthèrien estampille le Makossa de lignes harmoniques complexes et mélancoliques avec des paroles provocatrices. Eboa Lottin marque l’histoire du Makossa avec Matumba et Bésombé, chefs – d’œuvres qui deviennent des classiques de ce riche courant musical. Après le premier succès d’Eboa Lottin dès 1961 avec l’enregistrement de Bésombé, Ekambi Brillant en 1972 remporte un jeu radiophonique animé par Manu Dibango sur la Radio France Inter avec le titre N’Djonguèlè qui le propulse au-delà des frontières Par la suite, l’enregistrement de son tube Elongui arrangé par le célèbre musicien français Slim Pézin permet à Ekambi Brillant d’aller de succès en succès.

4/ La Troisième génération des artistes du Makossa

Manu Dibango

Manu Dibango

Enfin Charles Lèmbè, Dikoto Mandèguè, André Marie Tala, Tchana Pierre qui est fonctionnaire de son état et chanteur compositeur de talent, Pierre Didi Tchakounté et Los Calbinos participent à la vulgarisation de la Musique Camerounaise. Pierre Tchana est le compositeur de la célèbre chanson  » Il n’est jamais trop tard  » reprise et popularisée par l’orchestre national Guinéen le Bembéya Jazz National. Pierre Didi Tchakounté est découvert par le chef de programme de la Radio Cameroun, Ekoka Sam Ewandé en 1970. En fait ce musicien et chanteur de variété lui aussi collabore avec Slim Pézin et popularise le  » Mangabeu « , une musique ternaire Camerounaise du style 6/8 du groupe ethnique Bamiléké. Aussi, André Marie Tala chanteur guitariste aveugle de talent devient célèbre lorsque James Brown le plagie dans les années 70.

Puis la troisième génération des musiciens et chanteurs qui vulgarise à grande échelle le Makossa est constituée de Toto Guillaume, Koti François, Emile Kangué du groupe Black Style. Après vient la la quatrième génération composée de Jo Masso, Timè Foti, Bill Loko, Dina Bell, Bébé Manga, les Têtes Brûlées, Moni Bilé Ben Decca, Salé John, Douleur, Aladji Touré, Etienne Mbapé, Richard Bona, Gilles Kamga, Petit Pays, Rantamplan, Guy Lobé, Asta Djèmbé, Peeter Yamson, Papillon…

5/ Le Makossa s’essouffle après 50 ans de succès

Après plus de cinquante ans d’existence et de succès incontesté, le Makossa s’essouffle. Et pourtant le Cameroun regorge non seulement de musiciens de talent capables d’apporter au Makossa un souffle nouveau, mais d’autres riches variantes musicales ethniques. Sans doute le développement des Musiques Académiques par la plupart des musiciens Camerounais les éloigne du Makossa primitif et dansant. Beaucoup rêvent de devenir un autre Richard Bona pour sillonner le monde en passant par les States et de jouer en compagnie de Georges Benson. Plus l’on s’internationalise, plus l’on n’arrive plus à faire danser les gens du pays. Aussi, le manque de développement des orchestres à l’instar des têtes brûlées et de l’orchestres de l’armée constitue un frein à la résurection de la musique Camerounaise. Certes, de nombreux groupes se forment pour se produire dans des cabarets au pays, mais malheuresement le style développé et joué par ces formations s’éloigne du Makossa.

6/ L’émergence du Bikusi

Ekambi Brillant

Ekambi Brillant

Après l’émergence du Bikusi dans les années 90 qui dans une certaine mesure prenait le relais du Makossa moribond n’a point malheureusement fait long feu. Le décès brutal de Zanzibar guitariste de génie et chef du groupe des têtes brûlées qui popularise le Bikutsi est sans doute l’une des raisons de la chute de ce courant musical Camerounais. Qu’en est-il d’autres genres musicaux Camerounais pouvant tout comme le Bikousi apporter un souffle nouveau à la musique Camerounaise. L’Assiko et le Mangabeu musiques Bassa et Bamiléké peuvent être développées et popularisées à cet effet. Sur le terrain le Makossa subit l’influence flagrante du Ndombolo Congolais.

Etienne Mbappé

Etienne Mbappé

La riche rythmique arpégée du Makossa et sa ligne de basse syncopée disparaissent au profit de la cadence monotone du Ndombolo qui commence à vieillir. Après l’hégémonie du Ndombolo sur tout le territoir Camerounais, c’est le Coupé Décalé Ivoirien qui gagne du terrain de la Briqueterie à Bona Béri. De Ngaoundéré à Bafousam la fièvre du Ndombolo et du Coupé Décalé bat son plein. L’on se crorait à Yamoussokro et à Lumumbashi dans ce tohu bohu venu d’ailleurs et qui fait danser la population Camerounaisedésormais habituée à l’exotisme tropical. A quand le retour d’une bonne sauce pimentée de Makossa au Ndolè national ?

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En préparation !

Amadou Ahidjo

Amadou Ahidjo

Paul Biya

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7/ Papa Wemba

Papa Wemba

Papa Wemba

Chanteur et l’un des membres fondateurs du groupe Zaïko Langa Langa, Papa Wémba lui aussi inscrit son non dans l’histoire de la musique Congolaise et Africaine. L’artiste est né au Congo Démocratique le 14/06/1949 sous le nom de Shungu Wembadio Pene Kikumba. Il se fait appeler au sein de Zaïko Wémba Djo. Il chante Amazone avec le Zaïko qui devient un tube dans les années 70. Son ascension commence dans Viva la Musiki qu’il fonde en 1977. Papa Wémba améliore la Rumba avec une sonorité Rock. D’où le concept Rumba / Rock qu’il créé. L’artiste devient populaire auprès des Congolais et surtout des jeunes de la rue appelés  » Chégué « . Papa invente une personnalité par l’élégance. Il popularise la Mode auprès des jeunes Congolais et Africains. Papa Wemba fait partie des Congolais qui inventent la SAPE ( Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes ). Il arrive avec son groupe Viva la Musica en 1997 et occupe la scène européenne. En 1983 Papa Wemba enregistre un album dénommé Malimba avec l’artiste français Zazou. En l’artiste effectue une tournée mondiale qui le mène au Japon et USA. Papa Wemba scinde son groupe Viva la Musica en deux formations. L’une l’accompagne dans la Rumba Congolaise, tandis que le deuxième groupe se spécialiste dans la World Music. Cette ouverture lui permet en 1992 d’enregistrer un album baptisé Le Voyageur en compagnie de l’Anglais Peter Gabriel. En 1997 l’artiste fait un duo avec le chanteur Sénégalais Youssou N’dour pour le bénéfice de la Croix Rouge. Papa Wemba est emprisonné en France en 2003 pour soit disant son implication dans une filière clandestine. Il est libéré trois mois plus tard et continue à occuper des scènes mondiales.

8/ Koffi Olomidé

Koffi Olomidé

Koffi Olomidé

Koffi Olomidé révolutionne et popularise la Rumba Congolaise en Afrique et dans le monde entier depuis ces quinze dernières années. Auteur compositeur de génie, les paroles et mélodies de l’artiste bien pensées touchent majoritairement les femmes qui le rendent populaire. Aussi, Koffi Olomidé a le mérite d’inventer le  » N’dombolo « , une variante à dominante folklorique de la Rumba appelée 6/8 ou Zébola en lingala. L’artiste a eu l’intelligence de ralentir le tempo de ce genre musical pour en faire ce qu’on n’est désormais convenu d’appeler le  » N’dombolo  » qui se danse de Douala à Bamako et de Paris à Abidjan.

Koffi Olomde

Koffi Olomdé

Né en 1956 à Kinsagani d’un père Congolais et d’une mère Sierra Léonaise, d’où son nom de Koffi qui désigne dans la tradition de sa maman les gens qui sont nés le vendredi. Contrairement à la plus part des artistes Congolais, Koffi a un parcours atypique. Après l’obtention de son bac, son père l’envoie à l’Université de Bordeaux en section commerce. Inspiré à ses débuts par le Seigneur Rochereau et le groupe des étudiants Congolais Los Nickolos, Koffi écrit des chansons et côtoie des artistes et groupes lors des ses vacances à Kinshasa. C’est ainsi qu’il collabore avec Papa Wemba et Zaïko Langa Langa pour faire ses premières armes dans la musique entre 1977 et 1978. Koffi écrit des chansons pour Papa Wemba à cette époque. En 1983 il démarre sa carrière en France et enregistre beaucoup d’albums et fonde en 1986 son groupe dénommé Quartier Lattin. En 1988 les grands succès arrivent et Koffi Olomidé occupe désormais la scène musicale mondiale avec des titres qui sont devenus des tubes :(Henriquet, Droit de Veto, Effrakata, V12, Ultimatum, Attentat, Monde Arabe, Danger de Mort). L’artiste occupe plusieurs années durant des premières places en matière de vente de disque à la Fnac. Son album droit de Veto vendu à 100 000 Exemplaires lui permet d’obtenir un disque d’Or. Koffi Olomidé collectionne des récompenses dont Kora 2002 en Afrique du Sud. L’artiste remplit entre 1994 et l’an 2000 plusieurs lieux de spectacles dont l’Olympia, Zéntih et Bercy sans publicité à la télévision française. Avec ce riche parcours musical, Koffi Olomidé inscrit son nom dans l’histoire de la Rumba Congolaise moderne.

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5/ Sam Mangwana

Sam Mangwana

Sam Mangwana

En 1976 à partir d’Abidjan de la Côte d’Ivoire qui devient une capitale Africaine de la musique, le chanteur Sam Mangwana émerge avec son groupe African All Stars au sein duquel évoluent Théo Blaise Nkounkou, Lokassa ya Mbongo et Dizy. Né en 1945 à Kinshasa Sam dès l’âge de 18 ans aux côtés du Seigneur Rochereau puis plus tard en 1972 au sein de l’OK ! Jazz de franco avant de partir à l’étranger. Sam Mangwana chante dans un mélange de français Ivoirien et Lingala pour élargir son auditoire au niveau d’Afrique. C’est ainsi que le public Africain découvre la voix de Sam Mangwana à travers Geogetta, Suzanna, Maria Tébo, Mathilda, qui deviennent des tubes sur le plan international. En 1979 Sam fait le plein sur quatre week – end au Batacla à Paris. Ce succès le permet de sillonner toute l’Afrique et d’être invité à l’accession du Zimbabwé à l’indépendance en 1982 où il immortalise l’évènement par une chanson intitulée Zimbabwé qui rencontre un grand succès.

Sam Mangwana

Sam Mangwana

Après l’Afrique Sam Mangwana s’installe en France en 1982 pour continuer sa carrière musicale. Sam Mangwana chante la libération d’Afrique, le rapprochement entre les peuples et aborde des thèmes de prise de conscience nationale à travers ses compositions. En 1998 il sort Galo Negro un album acoustique très apprécié en Europe et en Amérique et vendu à plus de 20 000 exeplaires. Depuis 2005 Sam Mangwana décide de rentrer dans son pays d’origine qui est l’Angola pour participer au développement culturel de ce pays longtemps meurtri par la guerre civile. Force est de reconnaître à Sam Mangwana le mérite de chanter la Rumba Congolaise en français. Aussi, Sam popularise la Rumba Congolaise en Afrique de l’Ouest et dans le monde.

6/ Zaïko Langa Langa

Pépé Manuakou

Pépé Manuakou

Dans les années 70 des jeunes artistes Congolais parmi lesquels des étudiants revenus de la Belgique surnommés Belgicains révolutionne la Rumba Congolaise jusque là danser avec une certaine considération par des Kinois. Ces jeunes baptisent leur groupe Zaïko Langa Langa et imposent aux Congolais une autre manière de jouer la Rumba. Outre des harmonies du jazz jouées par son guitariste Pépé Manuaku dit Pépé Fély qui devient célèbre dans les  » chauffés  » appelés  » Cèbène « , Zaïko accélère le tempo de la Rumba dans une autre cadence saccadée et fracassante de la caisse claire qui remplace désormais la clave traditionnelle.

Le groupe Zaïko Langa Langa

Le groupe Zaïko Langa Langa

Le batteur du groupe Méridio invente cette secousse pour mieux faire vibrer les danseurs de cette Rumba Rénovée et à la sauce Yéyé. Le chant s’inspirant du grand frère Rochereau, mais avec des valeurs ajoutées qui sont la vivacité et des cris de guerre appelés animations. Aussi, l’harmonie vocale passe de deux à quatre voix avec la nouvelle formule de Zaïko. Papa Wemba, Evoloko, Gina wa Gina, Bozi Boziana sont les principaux chanteurs de ce groupe qui attire les jeunes. Avec les chansons Amazone, Zaïko cette formation rencontre un succès qui dépasse les frontières du Congo. Ainsi, Zaïko Langa Langa sillonne le monde et surtout au Japon où il réalise Nippon Banzaï un tube qui vient consolider la suprématie de la Rumba Congolaise en Afrique et dans le monde.

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4/ Franco Luambo Makiadi

Franco Luambo Makiadi en 1956

Franco Luambo Makiadi en 1956

L’un des plus célèbres artistes musiciens Congolais est Franco Luambo Makiadi. Tout d’abord, le caractère satirique de sa musique, ses talents de guitaristes et sa stature imposante sont autant d’éléments ayant contribué à son succès. Et pourtant, l’artiste est non seulement autodidacte, mais un adolescent à l’époque qui s’est formé dans la rue. Né au Congo le 6 juillet 1938 Franco fait ses premiers pas dans la musique en jouant de l’harmonica puis, l’artiste devient guitariste. Ebengo Dewayon le grand frère du musicien Congolais Johnny Bokélo apprend à Luambo ses premiers accords de guitares avant qu’il ne se perfectionne auprès du Centrafricain Jimmy Zième Zakari. Ce dernier apporte à Franco un style musical alliant un mélange de la Rumba et de la musique classique que la vedette Congolaise en fait une spécialité. D’ailleurs, lorsque l’on écoute les premières mesures des morceaux de Franco, force est de remarquer de suite ce style devenu son identité qui n’échappe point à l’homme de la rue.

Franco Luambo Makiadi

Franco Luambo Makiadi

Franco enregistre chez Papa Dimitriou un producteur Grec sa première chanson au sein de la formation Waton dirigée par Dewagnon et le succès n’est pas au rendez-vous. Franco accompagne de nombreux artistes parmi lesquels Wendo Sor pour parfaire sa carrière musicale. Luambo s’enrichit en faisant beaucoup de variétés musicales et aussi pour s’ouvrir à d’autres horizons. Dans cette nouvelle avanture l’artiste croise Bowané un guitariste célèbre qui accompagne Wendo Sor dans Marie Louise. La collaboration avec Bowané permet à Franco d’enregistrer  » Bolingo na ngaï Béatrice « , titre qui lui donne une notoriété auprès des Congolais. Lorsque Bowané part évoluer en Angola, Franco monte en compagnie des artistes Congolais de Brazzaville ( Essous Jean Serge, Landu Rossignol, Pandi Saturnin et Daniel Loubelo dit De la Lune ) l’OK Jazz. Le propriétaire du bar Dancing  » Che Cassien  » du non d’Oscar Kashama devient le mécène de la nouvelle formation. D’où l’appellation de l’OK Jazz pour faire allusion et remercier O = Oscar K= Kashama pour le soutien matériel et financier qu’il apporte aux jeunes talents.

L'orchestre Ok Jazz en 1956

L'orchestre Ok Jazz en 1956

En 1957 l’orchestre connaît une scission pour des raisons de rivalités entre les Congolais de Brazzaville et de Kinshasa. Le chef de fil de Brazzavillois Jean Serge Essous va monter Rocka – Mambo avec ses compatriotes Pandi Saturnin, Daniel Loubelo et Rossignol. L’OK Jazz est destructuré et Franco engage deux autres Brazzavillois réputés dans les variétés, notamment la musique Cubaine à la mode à cette époque. C’est ainsi que les chanteurs Nganga Edo et N’kouka Célestin viennent sauver les meubles du groupe de Franco. L’OK Jazz rencontre un grand succès avec  » Aimé wa bolingo « ,  » Joséphine  » et Motema na ngaï épaï ya mama  » tubes chantés par les Brazzavillois du groupe.

En 1958 franco est arrêté par la police coloniale Belge et l’artiste est condamné pour une peine de prison. Un guitariste Kinois dénommé Bolhen remplace le tôlier et les Brazzavillois profittent d’une part de l’absence de leur chef d’orchestre et de la préparation de l’indépendance pour rentrer et monter une formation dans leur pays. C’est ainsi que Essous Jean Serge, Pandi Saturnin, Daniel Loubelo, Landu Rossignol, Célestin N’kouka et Nganga Edo fondent en 1959 Bantou de la Capitale à Brazzaville. Lorsque Franco est libéré en 1959 Vicky Longomba qui est l’un de chanteur fidèle à son chef le soutien dans l’engagement des nouveaux artistes parmi lesquels Simaro, Mujos et Kwami un Congolais de Brazzaville qui se distingue par son joli timbre vocal. Entre 1960 et 1963 l’OK Jazz connaît un grand succès, surtout avec des œuvres chantées par Mujos, dans un Espagnol bricollé avec des phrases simples qui reviennent à chaque fois.  » Mi amor, yo te quiero … « .

Sam Mangwana

Sam Mangwana

Entre 1964 et les années 70 une vague d’artiste dont Verkys, les Brazzavillois Youlou Mabiala et Michel Boyi banda viennent renforcer le groupe et lui apporte une autre dimension avec les tubes  » Yamba ngaï na léo  » et  » Mboka mopaya passi « . Puis, Franco et l’OK Jazz atteignent le paroxysme de leur Art dans les années 80 avec des chansons à succès devenus populaires.  » Kéba na matraque  » ;  » Na bali misère  » ;  » Mouzi  » ;  » Mamou  » et  » Mario « . le tube  » Mario  » fait de Franco un avocat défenseur des femmes du fait qu’à travers ce titre l’artiste raconte non seulement les malheurs d’une femme, mais dénonce par cette occasion des jeunes appelés  » gigolos  » qui vivent aux dépens de riches et vieilles femmes.

L’orchestre s’installe à partir de 1982 entre Bruxelles et Paris et Franco tombe malade et meurt à Bruxelles le 12 octobre 1989. Simaro Lutumba prend la direction de l’orchestre et un différent éclate avec la famille du défund qui impose sa volonté au nouveau chef d’orchestre. Simaro part avec des fidèles fonder Bana Ok qui peine à connaître un succès. Youlou Mabiala l’un des fils spirituels de Franco qui épouse l’une ses filles reprend la direction du groupe et éprouve des difficultés à faire décoller l’OK Jazz. Youlou tombe gravement malade lors d’une tournée à Pointe Noire à Brazzaville et se fait évacuer en France où il continue une longue convalescence. Force est de constater que personne n’arrive à gérer l’OK jazz de Franco après sa mort. Selon l’un des fidèles avant de mourir Franco lui raconte ceci :  » avant de mourir, je vais écrire le nom de mon groupe sur un bout de papier, je vais le bouffer avant le Kouanga ( manioc du pays) et puis, je bois un grand verre de bière pour tout avaler « . Cette histoire drôle et utopique veut dire beaucoup de choses. En fait, Franco veut dire qu’il partira tout simplement avec le nom de sa formation parce qu’il ne pense pas qu’un artiste digne pourra gérer ce patrimoine culturel. Non seulement Franco laisse un vide difficile à combler, mais l’artiste aura marqué trente années durant la vie musicale Africaine. De ce fait, Luambo contribue à l’histoire de la musique de son pays et du continent.

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