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Jimmy ZakariJimmy Zakari

Paulo Kamba, Jimmy Zakari et Wendo Sor, sont les trois précurseurs de la «Rumba Congolaise».

Jimmy Zakari

Il est vrai que nul n’est prophète dans son. C’est l’exemple même de Jimmy Zakari, un Centrafricain qui participe activement à la naissance de la Rumba dite Congolaise en y apportant tout son savoir et ses connaissances musicales acquises au séminaire. Quand ce génie rencontre un succès énorme au Congo Brazzaville et au Congo Kinshasa, dans son pays, à peine quelques anciens se souviennent de lui. La plus part des jeunes Centrafricains ne le connaissent pas et ceux qui entendent parler de lui pensent qu’il est Congolais. Même lorsque Jimmy rentre définitivement à Bangui, il souffre quelque part de ce manque de reconnaissance par les siens. Si l’Etat Centrafricain lui permet d’intégrer la fonction publique en qualité de Secrétaire Dactylographe pour vivre descemment, l’on peut cependant constater le manque d’une véritable réhabilitation sociale à son égard. Tout comme Marcel Joachim Vomitiendé et Prosper Mayélé, Jimmy Zakari représente non seulement un mounment notre musique, mais l’histoire même de la Culture Africaine et Centrafricaine.

Wendo Sor, jeune adolescent de 15 ans, admirateur de Paulo Kamba et fasciné par le High Life commence à chanter dans les années 40 et enregistre en 1948 son premier disque 45 tours « Marie-Louise ». Vendu à 2 millions d’exemplaires, cet album le propulse hors des frontières de Congo Kinshasa. En 1950 Wendo baptise son groupe «Victoria» pour rendre hommage à son Maître Paulo Kamba de l’autre rive du fleuve Congo. Ainsi, la chanson « Marie-Louise » produite par le producteur Grec Jiriminidis des éditions «Ngoma» permet au Congo Kinshasa de prendre une avancée considérable sur le plan musical Africain. Par la suite on assiste à la naissance d’une industrie musicale Congolaise avec des studios d’enregistrement tenus par des prêtres et des unités de fabrication des disques vinyles gérées par des commerçants Grecs. Aussi, ces structures favorisent progressivement au rayonnement de la Rumba Congolaise.

Si beaucoup participent à la création de la « Rumba Congolaise », l’on peut attribuer la paternité de ce nouveau courant musical Africain à trois précurseurs qui sont : Paulo Kamba (Congo Brazzaville), Jimmy Zakari (Centrafrique) et Wéndo ( Congo Kinshasa ). Il est important de rappeler que Brazzaville la capitale de l’Afrique Equatoriale Française à cette époque est une plaque tournante musicale du fait du puissant émetteur de Radio qui diffuse des musiques et surtout celles des groupes locaux. De plus, des lieux de bals dansants tels que « Fainion », « Cave de Fafi » font de Brazzaville un lieu d’animation et d’ambiance.

Radio Bangui fondée en 1958

Radio Brazzaville fondée en 1941

Paulo Kamba

En 1940 Paulo Kamba fonde son groupe « Victoria » et anime des bals avec Jimmy Zakari qui évolue tant tôt en solo pour animer des fêtes de la communauté Centrafricaine de Brazzaville et tantôt dans des groupes Congolais de Kinshasa aux Côtés de Léon Boukassa, Manuel Doliveira et de Bowané. Son passage à Kinshasa lui a permis de former beaucoup de guitaristes dont le Célèbre musicien Franco Luambo Makiadi qui lui doit le style « arpègé » devenu une identité de ce dernier. Pour mémoire Jimmy doit ce style à un musicien marin Grec de passage au Congo Brazzaville. De plus, Jimmy Zakari est le seul guitariste à jouer de la guitare hawaïenne, d’où son surnom par les Congolais de Kinshasa de Jimmy de l’ hawaïenne. A cette époque le chanteur du Congo Brazzaville Paulo Kamba fait fureur et trouve des admirateurs hors frontières.

Bangui dans les années 50

Jimmy Zakari

Centrafricain né au Congo Brazzaville vers 1926, Jimmy fréquente en 1940 le séminaire de Bokoro au Congo Kinshasa où il se perfectionne en musique en apprenant le solfège et l’harmonie. Guitariste à Brazzaville dès son jeune âge où il rencontre Paulo Kamba, son passage au séminaire lui permet de parfaire ses connaissances à la guitare et d’apprendre le saxophone. Ainsi, Jimmy Zakari dans les années 40 est le seul musicien intellectuel qui lit et écrit la musique.

Jimmy révolutionne la «Rumba Congolaise»

Franco Luambo Makiadi

Jimmy quitte le séminaire de Bokoro en 1945 pour Léopolville, aujourd’hui Kinshasa où il rencontre Wendo, Bowané, Léon Boukassa, Manuel Doliveira et Muanga. A cette époque les chanteurs sont accompagnés d’un ou de deux guitaristes et d’un percussionniste. Jimmy apporte une révolution dans la Rumba Congolaise » en apportant des solos de guitare dans le répertoire avec la mise en place d’une formation complète comprenant désormais : 1guitare rythmique, 1 guitare solo, 1 contrebasse, 1 saxophoniste, des chanteurs et des percussionnistes.

Bénatard un commerçant de confession juive créé les éditions «Opika» avec pour artistes Jimmy et MuangaLa Rumba Congolaise prend son essor avec l’arrivée de Jimmy qui enrichit cette musique. Le commerçant Grec Jiriminidis fonde les éditions « Ngoma » avec comme leaders Wendo et Bowané. Bawané est le célèbre guitariste Congolais qui accompagne Wendo dans sa chanson fétiche « Marie – Louise ». Bénatard un commerçant de confession juive créé les éditions «Okapi» avec pour artistes Jimmy et Muanga. Muanga est un chanteur Congolais de Brazzaville qui évolue avec Jimmy.

Joseph Kabassélé dit Grand Kalé

Il importe de signaler qu’un jeune chanteur engagé dans l’écurie « Okapi » du nom de Joseph Kabassélé alias grand Kallé est formé par Jimmy Zakari. Ainsi, les premières « Rumba Congolaises » enregistrées à Kinshasa dans les années 40 et chantées par le jeune chanteur Joseph Kabassélé sont orchestrées et arrangées par Jimmy. D’ailleurs quand on écoute ces enregistrements, l’on reconnaît les solos de guitare de Jimmy. Du fait de la pénurie des musiciens pouvant jouer en groupe, Jimmy fait appel à des expatriés pour arriver à former un orchestre complet de la « Rumba Congolaise ». Ainsi, cet orchestre sous la direction de Jimmy reprend des morceaux connus de : Jazz, Tango, Blues, Rumba cubaine, Boléro, Polka Piquée, Valse, . Jymmy Zakari est l’arrangeur et guitariste soliste de la première version du chef-d’oeuvre «Kalé Kato» composé et chanté par Joseph Kabassélé.

Grand Kalé et African Jazz

Jimmy sensibilise les musiciens Congolais
sur la connaissance et sur la revendication
de leurs droits d’auteur.

Entre les années 40 et 50 la « Rumba Congolaise » naissante génère de l’argent a leurs producteurs et les conditions de vie des artistes des éditions « Ngoma » et « okapi » ne s’améliorent pas. Jimmy Zakari connaissant ses droits du fait d’avoir fait des études musicales au séminaire réclame ses droits d’auteur à Bénatard des éditions « Okapi ». Il obtient gain de cause. Jimmy en informe Wendo, Bowané, Manuel Doliveira qui font la même démarche auprès de Jiriminidis des éditions « Ngoma » avec succès. De part ce geste militant, Jimmy sensibilise les musiciens Congolais sur la connaissance et sur la revendication de leurs droits d’auteur. Il apporte une formation à ces jeunes parmi lesquels l’on retrouve Tino -Barroza, docteur Nico devenu le célèbre guitariste de Rochereau et son frère Descheaux.

Jimmy forme un orchestre composé en majorité des jeunes en 1954 pour une tournée prévue à l’étranger. Il apporte une formation à ces jeunes parmi lesquels l’on retrouve Tino – Barroza, docteur Nico devenu le célèbre guitariste de Rochereau et son frère Descheaux. Jimmy apporte à ces jeunes musiciens une formation en harmonie pouvant les amener à interpréter des morceaux et surtout le jazz. D’après lui, le plus doué de ces formés est Tino Barroza qui joue avec une maîtrise d’harmonie. D’ailleurs, la chanson Lolo Brigida » chantée par Joseph Kabassélé, composée et accompagnée par Tino – Barroza atteste bien ce témoignage. Tout comme son maître Jimmy, Tino – Barroza est non seulement un bon guitariste, mais également un excellent saxophoniste.

Tino-Barroza héritier de Jimmy Zakari

Tino Barroza avant de trouver la mort tragiquement en 1969 au Cameroun forme a son tour un jeune guitariste Camerounais dénommé Moïse Fando devenu également un virtuose de Jazz. D’après Moïse, « Tino – Barroza est un génie, un jazz men hors pair et m’a tout apporté ». Le célèbre chanteur bassiste Camerounais Pierre Didi Tchakounté compagnon de Moïse déclare : « nous sommes les élèves de Tino ». L’on comprend que Tino – Barroza, héritier de Jimmy reprenne la démarche pédagogique de son maître auprès des jeunes.

Jimmy arrive à Libreville en 1954 avec sa formation composée de Nico, Tino-Barroza, Deschaux et autres.

Jimmy arrive à Libreville en 1954 avec sa formation composée de Nico, Tino – Barroza, Deschaux et autres. Après une tournée dans les principales villes du Gabon il emmène son orchestre à Pointe Noire au Congo Brazzaville le 1er novembre 1956 où il dissout le groupe et continue sur Brazzaville avec 1 guitariste rythmique, 1 percussionniste, et 1 saxophoniste. Jimmy demande à Nico, Tino – Barroza et Deschaux de repartir au Congo Kinshasa. Il paie leur voyage retour à Kinshasa où ceux – ci s’engagent dans l’orchestre « African Jazz » nouvellement formé par Joseph Kabassélé qui chante avec le seigneur Rochereau.

Jimmy forme les guitaristes Centrafricains Diable Kombas et Nico Koguia.

Revenu à Bangui, la terre de ses ancêtres en 1957 jimmy rencontre des musiciens Centrafricains, anime des
Moïse Fando un élève de Tino Baroza

émissions et forme des jeunes. Jimmy forme les guitaristes Centrafricains Diable Kombas et Nico Koguia. Il rencontre un de ses copains Marcel Joachim Vomitiendé, professeur de musique, ensemble ils animent assez souvent des bals en plein air à Lakouanga. Je le rencontre pour la première fois chez mon oncle Marcel Joachim Vomitiendé au quartier Lakouanga en 1964 où il vient jouer de la musique avec ce dernier et raconter son parcours musical. Je garde encore des souvenirs où il accompagne à la guitare et au saxophone mon oncle qui joue du piano.

Luambo Makiadi le rencontre à Bangui et lui doit sa reconnaissance pour l’avoir formé à Kinshasa. Après son passage à la radio Bangui en qualité d’animateur, Jimmy devient secrétaire dactylographe à la présidence de la République où il prend sa retraite en 1986. En 1987 le chanteur guitariste Franco alias Luambo Makiadi le rencontre à Bangui et lui doit sa reconnaissance pour l’avoir formé à Kinshasa. Franco le réhabilite socialement à Bangui en lui achetant un costume et en lui donnant un peu d’argent de poche. De plus, en qualité de président de la SONECA (Société Nationale des Editeurs, Compositeurs et Auteurs) de Congo, il invite Jimmy Zakari à Kinshasa pour qu’il touche ses droits d’auteurs accumulés depuis plusieurs années et en attente de paiement. Jimmy part à Kinshasa touche ces droits d’auteur et revient s’acheter une maison au quartier Pétévo où il vit jusqu’à son dernier souffle en 1990.

le Camerounais Moïse Fando est le seul dépositaire encore vivant de ce savoir-faire

Moïse Fando à Paris

Il importe de remarquer que l’absence des écoles de musiques amène les pionniers à transmettre leurs connaissances et savoir-faire aux jeunes artistes lesquels retransmettent à ceux qui arrivent. Tout comme la démarche d’apprentissage de la tradition orale dans la société africaine, l’on constate une transférabilité de cette méthode chez les chanteurs musiciens africains. Ainsi, après la disparition de Jimmy Zakari et de ses élèves Tino-Barroza, Nico et Descheaux, le Camerounais Moïse Fando est le seul dépositaire encore vivant de ce savoir-faire. Rappelant que Moïse Fando forme et inspire de nombreux musiciens africains de 1969 à ce jour.

Je tiens à le réhabiliter sur le plan de l’histoire de la «Rumba Congolaise» et à rendre hommage à ses anciens compagnons pour l’héritage qu’ils nous laissent.

Enfin, il importe de préciser avec des détails dans cette Anthologie de la Musique Centrafricaine, comment et dans quelles conditions Jimmy Zakari est l’un des pionniers de la Rumba Congolaise ». Certains ne lui reconnaissent pas une part de paternité dans la création de ce patrimoine du fait qu’il est Centrafricain. Pour ma part, je tiens à le réhabiliter sur le plan de l’histoire de la « Rumba Congolaise » et à rendre hommage à ses anciens compagnons pour l’héritage qu ‘ils nous laissent. En tout état de cause, le but de cette démarche est la valorisation et la promotion de la Musique Centrafricaine encore méconnue, et ce dans une optique de sauvegarde de notre Patrimoine Immatériel destiné à la génération future.

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Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

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Dominique Eboma

Dominique Eboma chanteur compositeur guitariste est l’un des pionniers de la musique Centrafricaine avec Jimmy Zakari, Marcel Vomitiendé, Prosper Mayélé, Rodolphe Békpa, Jean Magalet et Jean Marc Lèsoua. Ils sont les premiers à jouer de la musique dans l’ancien Oubangui Chari devenu plus tard la République Centrafricaine. Né vers 1928 à Ouango dans la région de Mbomou, Dominique Eboma démarre la musique dans sa ville natale en 1951 où il est chansonnier.L’artiste subit une inflence de la rumba Congolaise du fait de la proximité de sa ville Ouango située à la frontière avec le Congo Démocratique.Il compose et chante aussi bien en Sango, Yakoma qu’en Lingala.

Chanteur auteur compositeur de génie, lorsque Dominique débarque à Bangui avec guitare et bagages en 1953, il rencontre un grand succès dans la capitale et s’engage comme animateur au sein du parti MESAN ( Mouvement de l’Evolution Sociale de l’Afrique Noire ) aux côtés du président Barthélémy Boganda. Il sillonne tout le pays pour animer des campagnes de son parti, et ce jusqu’à Moundou au sud du Tchad alors territoire Centrafricain. Après l’indépendance, notamment en 1962 le président David Dacko fonde avec une mission de coopération Israélienne la JPN ( Jeunesse Pionière Nationale ), mouvement para militaire dont les objectifs visent l’éducation et l’insertion de la jeunesse à travers la musique, le sport, l’apprentissage des métiers d’Agriculture, et d’Elevage. Dominique Eboma s’engage dès 1962 au sein de cette organisation et s’incorpore dans l’armée nationale créée par le Colonel Jean Bedel Bokassa en 1965 où il prend sa retraite en 1980 au grade de sergent.

Sur l’initiative du président Bokassa qui souhaite la création d’un orchestre militaire au pays, Dominique Eboma devient l’un des fondateurs de Comando Jazz en 1970. Ainsi, l’artiste arrose la Centrafrique de belles chansons en Yakoma et en Sango dont la démarche moralisante contribue à la notoriété de ce génie. Après avoir fait les pluies et les beaups temps au sein de la formation Commando Jazz, Dominique Eboma âgé aujourd’hui de 76 ans fait partie des anciennes gloires de la musique Centrafricaine. Il anime de temps en temps des soirées dédiées aux anciens chanteurs parmi lesquels Wetch, Mimox, Sax, Matalaki…
Depuis la renaissance de Compay Secundo et Ibrahim Ferrer dans « Buena Vista Social Club », des promoteurs Africains s’empressent de faire rescusiter leurs anciennes gloires, à l’instar de Wendo Kolosoy du Congo Kinshasa et d’Anne Marie N’zié du Cameroun. Aussi, la République Centrafricaine s’inscrit dans cette démarche du fait que le promoteur Centrafricain Régis Cissoko produit en 1998 Dominique Eboma sur un album où l’artiste reprend ses anciens succès. Toujours dynamique Dominique Eboma conserve toutesses capacités vocales. Dominique Eboma qui est l’un des pères fondateurs de la Rumba Centrafricaine s’est éteint dans une précarité totale à Bangui, le 18 août 2006, suite à une longue maladie. Les Centrafricains gardent de ce patriarche le souvenir d’un homme simple, inventif, moraliste et dont la voix a marqué l’histoire de la Musique de son pays la Centrafrique.

Chansons populaires de Dominique Eboma
1/Midi a lingbi

« Midi a lingbi ô wali ti mbi chéri
Mo lèkè tablô
Mo zia kobè na ndoni
Nzala a gbou mbi koli ti mo mingui ô
Awé awé awé awé tchatchatcha
Awé awé awé awé tchatchatcha …

2/Ita Pierre
Mo vo gui samba é
Ti mou na azo na kwa ti mbi
Kanda mbi on ô
Na nzara na ya ti mbi koué ô
Ngou ti lè ti zo
A kiri na zo pèpè è
Mbi ngba na maladé ô
Soigné mbi…
4/Soigné mbi
Ita Pierre ô
E ga ti bara mo
E yala ngô
To ngounza fini fini
ô mbi tè mbi goué
E yala ngô
Ngbanga ti so
Nguénza a ounzi na Maboko
E yala ngô

3/Bo mbanda
Refrain
E bassi ya mokili
Ba lingui tè bo mbanda
Couplet
1/Ba lingui tè bo mbanda
Ba boyani é ba ndéko
2/ Talaka façon ya mwassi na mokili
Oya ko koufa pamba pamba

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Sultan Zembellat
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Cool Stars

sizaSiza et Mobanza

Le 20 juillet 1985 lorsqu’un malentendu éclate au sein du groupe Canon Stars, son guitariste et chef d’orchestre Mobanza démissionne et le bassiste Kanta le suit par solidarité. Les deux dissidents forment Cool – Stars avec Siza le guitariste accompagnateur de Makémbé, parti à cette époque en raison d’une tournée que son groupe effectue en France sans lui. Les trois musiciens montent alors le groupe Cool -Stars. Mais cette formation qui manque d’instruments de musique devient éphémère. En 1986 Trésor le chanteur ténor de Makémbé s’en va et pour grossir le rang de Cool – Stars avec Vadjot et Delmas qui viennent de quitter Canon Stars. La nouvelle formation met en place des séances de répétitions sérieuses avec des arrangements nouveaux. Ainsi, le groupe donne une prestation jumelée avec Muziki au Centre du Scoutisme où le succès obtenu est inattendu. Désormais Cool – Stars s’impose au niveau des orchestres Centrafricains. Régis Cissoko octroie au jeune groupe des matériels de musique avec un bail à l’appui. Roger Poguy qui gère le Punch Coco leur signe un contrat de prestation pour chaque dimanche et c’est un grand succès. Par ailleurs,le groupe anime le cadre de la Coupole à Lakouanga et à chaque fois c’est le plein.

L’orchestre Cool – Stars s’impose avec Trésor lors d’un duel avec Bovic de Canon Stars organisé par Sprint un des sponsors de la place. Désormais le groupe devient une formation de référence. Le guitariste célèbre Mobanza continue d’envoûter le public et nous livre son sécret :

matrou-zekete-et-vadjoMatrou, Zèkètè et Vadjot

« La rumba est bien jouée par tous, mais j’intègre dans ce genre nos musiques traditionnelles telles que le léngé, loudou et le folklore des Banda Broto de la Ouaka. De plus, sur le plan harmonique j’emprunte des créations de Georges Benson le guitariste populaire Américain « . A cela s’ajoute toute une richesse qui fait la force de ce groupe. A commencer d’abord par la présence de Trésor qui est lauréat du concours RFI  » découverte 1984  » avec sa chanson Ouroula, du griot Vadjot qui raconte dans ses animations des histoires réelles et drôles en lien avec nos traditions et nos réalités de la vie quotidienne. Il lance les cris d’animations  » Ma ti tinda « ,  » Est-ce que mo ba ni awé ? « ,  » Est-ce que mo touché ? « ,  » Mo titida é, titi, mo titi da é titi « . Ce sont des expressions qui reviennent souvent dans les disputent de nos sœurs que l’artiste immortalise dans les titres du groupe. De plus, le chanteur Delmas apporte au groupe une maturité grâce à son expérience musicale passée auprès de Muziki et Tropical Fiesta. Enfin, le chanteur animateur et danseur Congolais Zèkètè Mono apporte une dimension nouvelle à la qualité de spectacles de Cool – Stars par sa présence scènique. Il importe de noter que c’est au sein de Cool – Stars que le guitariste Dambalé dit Dallas fait ses premières armes dans la musique. D’ailleurs, Dallas déclare que le guitariste Mobanza est son Maître et qu’il lui doit tout. Dallas évolue en ce moment à Paris et accompage aux studio et en concerts nombreux artistes africains parmi lesquels Awilo Longomba, Aurlus Mabélé, Wéngé…Enfin comme bon nombre de groupes Centrafricains, Cool – Stars disparaît dans les années 90.

tresor1Trésor

Le leader incontesté de Cool Star, Trésor de son vrai nom Dieudonné Béma est né à Bangui le 27/07/1960. Après ses études au lycée des martyrs, il démarre sa carrière musicale dans le groupe Manganga aux côtés de Princess Léonie Kangala en 1977. Après un brèf passage dans la formation Super Angelou en 1978, Trésor evolue par la suite dans le Tropical Fiesta et Matanga fondé par Jean Eudes Téya. En 1983 il intègre le groupe Makémbé de Goerges Ferreira et devient ainsi le meilleur chanteur de cette formation avec sa composition populaire « Zéti ». Il devient lauréat du concours RFI « découverte 1984 » avec la chanson « Ouroula « , ( le rêve). Avec le tubeYaraïna, Trésor remporte un concours de chant en 1987 en Centrafrique. Il arrive en france en 1990 pour poursuivre sa carrière musicale, mais malheureureusement Trésor retourne trois ans après au pays en raison des problèmes d’orde familial. Enfin, depuis 1995 Trésor réintègre le groupe Tropical Fiesta aux côtés d’Aggas Zokoko en attendant les jours meilleurs.

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Sultan Zembellat
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Charlie Perrière et le Tropical Fiesta

Charlie Perrière

Charlie Perrière

Charlie PerrièreChar lie Perrière, Prosper Mayélé et Rodolphe Békpa sont de grands noms de la Musique Centrafricaine Moderne. Tropical Fiesta, Vibro Succès et Centrafrican Jazz sont à l’époque des orchestres nationaux du fait de la qualité de leurs prestations et leur bonne organisation. Charlier Perrière le fondateur du groupe Tropical Fiesta est né le 12/08/1946 à Bangui.

Véritable baroudeur Charlie Perrière est tout d’abord en 1957 Chanteur soliste à la chorale de la Cathédrale Notre Dame de Bangui. En 1959 le jeune chanteur évolue au sein du groupe Bog-Jazz et aussi Youngs Jazz dont il est fondateur avec Augustin Moukouri, Gabriel Bozo, Elie Lémotomo, Toni Da Sylva et Batista Virgile. Puis Charlie Perrière évolue en 1962 chez Békpa dans la formation Vibro – Succès et en 1963 auprès de Prosper Mayélé au sein de Centrafrican Jazz. En 1964 l’artiste fonde Rocka – Fiesta en compagnie de Jean Ngoma, sylvestre Bombélé et de Philippe Enga.

Avec l’expérience acquise auprès au sein des formations de la place, Charlie Perrière créé le 2 février 1965 avec ses copains Evis Evoko, Baron Baky, Cisco Bagbo le Tropical Fiesta au départ pour animer un stand pour la  » Kermesse aux Chapeaux  » initiée par le Père Godard.

Lorsque Tropical fiesta voit le jour, Charlie Perrière chanteur et musicien de talent devient le guitariste soliste du groupe. Parmi les pionniers de Tropical Fiesta, l’on remarque la présence d’Evis Evoko au chant, Baron Baki et Thierry Darlan Yézo à la basse, Django à la guitare rythmique, Pécos à la guitare solo, Françis N’Dambou aux percussions, Cisco Gbagbo et le vieux sax Mabuse, Samy et Witta aux trompettes et trombones. Par la suite l’équipe s’agrandit avec l’arrivée des chanteurs Abézoua, Aggas Zokoko, Bhy-Gao doris Dombia et du célébre guitariste soliste Sox Sokambi et de Massély N’Djogo et Falvis à la guitare rythmique.

Charlie Perrière

Charlie Perrière

Charlie PerrièreAprès l’hégémonie Centrafrican Jazz et Vibro Succès, nous découvrons une autre sonorité avec Tropical Fiesta à partir de 1965. Le chant et les arrangements de cuivres élèvent le niveau musical de la Musique Centrafricaine. La voix de son leader Charlie Perrière, un des meilleurs ténor Africain est d’une qualité angélique. Chanteur,guitariste, pianiste Charlie Perrière est en avance musicalement. Dès sa prime jeunesse le doué prend des cours de musique et maîtrise dece fait la lecture et l’écriture musicale comme il se doit. De plus, Tropical Fiesta intègre dans son répertoire une variété large avec une place à la salsa. C’est avec dextérité que Cisco Gbagbo interprète à la flûte le célèbre musicien Cubain Jhonny Pacheco dont le répertoire rencontre un énorme succès dans toute l’Afrique. De plus, le guitariste soliste Sox Sokambi et Cisco nous transportent souvent à la nouvelle Orléans à travers des arrangements de Tropical Fiesta. D’ailleurs, la Radio Bangui fait appel aux deux Jazz men pour animer une émission qui s’intitule « Jazz dans la nuit », ayant pour but de faire découvrir ce genre musical aux Centrafricains.

Massély Djogo

Massély Djogo

Massély Djogo »Wali ti mbi », « Moktar na Fatou », « Considération ti Mabuse », « Malinga Malinga », « Marie – Jeanne », « Gina » sont des compositions qui marquentle début de Tropical Fiesta et permettent à ce groupe de s’imposer sur le plan national. La qualité de musique jouée amène Bokassa à faire de Tropical Fiesta son groupe préféré et l’invite régulièrement aux manifestations nationales. Bokassa affiche une fierté nationale en permettant au groupe Tropical fiesta de se produire au Palais de la Renaissance à Bangui en présence de ses invités de marque. Ainsi, le groupe se fait remarquer lors de ses prestations et se fait inviter à l’étranger plusieurs fois. En 1970 le groupe est l’invité de marque du Président Roumain, effectue des tournées en France, Grèce, Côte d’Ivoire et participe au Festival Art Nègre de Lagos au Nigéria en 1977. Tropical Fiesta atteint le sommet de son Art entre 1975 et 1978 avec « Passi ti l’Amoulou », « Révérence à nos Souverains », « Michelle » et « Odingala ». Le chanteur Bhy-Gao l’équivalent de Papa Wemba au Congo Kinshasa enflamme la foule Centrafricaine. Tout comme Rochereau avec les Rocherettes, Charlie Perrière fonde les Charlettes parmi lesquelles Mami, une femme élégante rencontre une renommée inattendue auprès des Centrafricains.

Tropical Fiesta en 1965
Tropical Fiesta en 1965

Alphonsis Ndambou

Alphonsis Ndambou

Quand Tropical Fiesta effectue une tournée en 1972 au Congo Brazzaville, les Brazzavillois accueillent le groupe en apothéose. La formation de référence Congolaise Bantou de la Capitale joue en face d’un dancing où Tropical doit se produire. Bantou de la Capitale démarrage avant Tropical Fiesta. Quand Tropical Fiesta Commence à jouer, la foule déserte Bantou pour venir danser avec Charlie Perrière et son groupe. Cet affrontement permet de valoriser ainsi dire la Musique Centrafricaine. Lorsque j’arrive en Paris en 1982, je rencontre en compagnie d’un de mes cousins Yves Odon Palm le grand Manu Dibango. Quand nous nous sommes présentés comme étant des étudiants Centrafricains, Manu nous demande tout de suite si on connaît Charlie Perrière. C’est avec joie qu’il nous accorde ce témoignage lorsqu’on lui dit que nous connaissons bien Charlie Perrière :

Manu Dibango
« Ecoutez, je connais bien Charlie Perrière pour avoir travaillé sur le plan musical avec lui à Bangui. En 1978 l’on me sollicite pour organiser les préparatifs de « l’Afro Vision » à Libreville au Gabon, une émission de concours de chant, à l’instar de « l’Euro-Vision ». Je dirige des séances d’une répétition générale où l’on retrouve la majorité de grands chanteurs Congolais et Africains. Quand Charlie Perrière répète sa chanson pour le concours prévu, des compétiteurs Congolais en lice découvrent la qualité inégalée et les capacités de Charlie Perrière prenne panique. Pour éviter de se faire battre par cette belle voix extraordinaire, les compétiteurs viennent me voir pour dire que nous ne sommes pas venus ici dans un esprit de compétition. Ainsi,  » l’Afro-Vision » se transforme en une simple prestation. Mais Charlie a eu le mérite de prouver ses capacités à ceux qui au départ le sous – estiment. ».

A vrai dire, le témoignage de Manu dibango dit tout sur les qualités et sur les capacités de Charlie Perrière dans la chanson. Pour les mêmes raisons, Tropical fiesta devient l’orchestre Impérial pendant l’empire de Bokassa qui profite de la belle voix de l’artiste pour faire sa propagande. D’ailleurs, c’est avec une dextérité inégalée que Charlie Perrière interprète « Révérence à nos Souverains », la chanson sublime dédiée au couronnement de jean – Bedel Bokassa. Si l’on apprécie le soutien de Bokassa aux orchestres Centrafricains, cependant force est de lui reprocher de ne pas penser tôt à au rayonnement de la Musique Centrafricaine sur le plan mondial. Charlie Perrière devient parallèlement à sa carrière musicale Comptable à la Cour Impériale de Béréngo de Bokassa et confie la direction de Tropical Fiesta à Evis Evoko, et ce de 1975 à 1979. Dans les années 80 Charlie Perrière part en France pour poursuivre sa carrière musicale. Il fonde avec Thierry Yézo, Sultan Zembellat et Régis Cissoko le groupe Centrafricain Kokombo Stars à Paris et se produit sur disque en solo.

Evis Evoko

Evis Evoko

Malheureusement il n’arrive pas à décoller. Dans les années 90 Charlie repart à Bangui pour remonter Tropical Fiesta qui manque d’équipement. Il relance Tropical Fiesta avec  » Sentiment « , son dernier chef – d’œuvre qui raconte une belle histoire d’amour. D’ailleurs, Tropical Fiesta excelle dans les histoires d’amour sous toutes les formes. En 1997 le groupe effectue une tournée en France sans atteindre les objectifs escomptés du fait de la mauvaise organisation des tournées.
Charlie Perrière se convertit et tourne le dos à la musique d’ambiance. Il mène depuis 1998 une campagne d’évangélisation et se consacre désormais à ce ministère qui fait recettes en Afrique. Après le décès d’Evis Evoko, Baron Baki, Cisco et de Salou, c’est Aggas Zokoko qui dirige en ce moment Tropical Fiesta. Le groupe rencontre de sérieux problèmes d’équipement et se trouve confronter à la crise économique qui n’épargne pas les groupes musicaux. Le groupe Tropical Tiesta qui est un patrimoine national risque de disparaître comme centrafrican Jazz et Vibro Succès si l’Etat ne lui apporte pas un soutien matériel et financier.

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Sultan Zembellat
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Leticia MAHOUNGOU CROLLE
Rhode Bath-Schéba MAKOUMBOU

Galerie Marc DENGIS
Rue d’Alsace-Lorraine, 14
1050 Bruxelles

Du samedi 8 au dimanche 23 mars 2008
Horaire : du jeudi au dimanche de 14 à 20 h.
Entrée libre.

Vernissage le vendredi 7 mars à partir de 19 h.
Exposition organisée sous le haut patronage de M. Jacques OBIA, Ambassadeur de la République du Congo auprès du Bénélux et de l’Union Européenne.
Renseignements : GSM 00.32.(0)477.35.18.14 Email : marc.somville@skynet.be

PS : en pièce jointe photo affiche et deux photos d’oeuvres.

Biographie de Leticia MAHOUNGOU CROLLE

Leticia Mahoungou Crolle est née le 26 juin 1982 à Brazzaville. Depuis toute petite, elle dessine par terre, sous l’œil critique d’une « institutrice » choisie parmi les copines. A l’école, elle griffonne sur chaque bout de papier lui tombant sous la main. En quatrième, elle compose un « carnet d’amitié » où elle ne se contente pas de coller des images, mais les réalise elle-même. Sa grande sœur et son mari détruiront d’abord ce cahier, puis ensuite persuaderont son père de l’inscrire dans une école de dessin en Europe.

Elle s’inscrit à l’Ecole de Peinture de Poto-Poto où elle suit une formation de trois ans sous l’égide d’Adam Opou et de René Bokoulemba. La guerre de 1997 l’obligera à suivre un cours de secrétariat à Pointe-Noire. Mais dès la fin de la guerre, elle reprend ses cours à Poto-Poto.

expo2Principale actrice féminine du pinceau de l’école, Leticia travaille « comme un homme », avouent ses collègues. Cette artiste, qui a déjà exposé en Afrique et en Europe, très exigeante, est sans cesse en recherche de nouveautés. Après avoir excellé dans le décoratif, elle propose aujourd’hui des scènes de rue particulièrement touchantes : « … Et pendant la pluie, comment elles font ? … elles oublient leur poste, la solution c’est de fuir … C’est triste, j’essaye toujours de mettre de l’humour dans ce genre, mais il y a des histoires vraies et tristes dans ces toiles … ».
Voir le site : http://www1.planeteafrique.com/acorem/Index.asp?affiche=News_Display.asp&articleid=1221&rub=Culture

Biographie de Rhode Bath-Schéba MAKOUMBOU

Rhode Bath-Schéba Makoumbou est née le 29 août 1976 à Brazzaville, en République du Congo.
Depuis sa tendre enfance, elle a été initiée à la peinture par son père, le peintre David Makoumbou. Elle s’est engagée réellement dans l’art à partir de 1989. Dans sa peinture, elle met surtout en valeur toutes les activités sociales de la femme africaine.

Dans les peintures à l’huile, elle peint généralement au couteau. La variété de ses oeuvres s’illustre dans le style réaliste, expressionniste et cubiste.
Depuis 2002, elle a créé de nombreuses sculptures en matière composée (sciure et colle à bois, tissu et peinture à l’huile sur une structure métallique) représentant les métiers des villages qui tendent à disparaître. Certaines ont plus de trois mètres de haut ! expo3

Elle se considère un peu comme une artiste archiviste de la mémoire sociale et culturelle de l’Afrique et du Congo en particulier.
A partir de 2003, elle a entamé une importante carrière internationale et elle expose maintenant dans le monde entier.
Voir le site : http://www.rhodemakoumbou.eu

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Prochaine fête de l’Indépendance de la Centrafrique
Mise en place d’un Comité d’organisation d’une Manifestation Culturelle relative au 13 Août 2008, fête de l’Indépendance de la République Centrafricaine.

Chers Compatriotes et amis de la Centrafrique,

Le 13 août de chaque année marque l’Indépendance de la République Centrafricaine. Dans un souci de donner un sens au combat que Barthélémy Boganda a mené et qui a débouché sur l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, nous recherchons des personnes de bonne volonté pour préparer en 2008 des évènements culturels marquant ce moment important de notre histoire. Souvent absents sur la scène internationale, la fête de notre Indépendance est sans doute une occasion donnée pour non seulement nous affirmer, mais faire découvrir notre cher et beau pays la République Centrafricaine à l’échelon international.

Dominique Kongosienne
Sultan Zembellat
Contact: info@maziki.fr

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