Articles avec le tag ‘histoire de la musique’

XXVI/ L’Histoire de la Musique Gabonaise

XXVI/ L’Histoire de la Musique Gabonaise méconnue comme celle de Centrafricaine

mac-joss-et-sul-124africa-regie-025mc-162

Histoire de la Musique Gabonaise

Pierre Akédéngué

Pierre Akédéngué

Sur le plan musical et à l’échelon international, Pierre Akéndégué depuis au moins 30 ans est l’Ambassadeur du Gabon. Pierre Akéndégué évolue dans ses débuts dans Afro Succès aux côtés d’Hilarium Nguéma et fait un succès avec  » Télégramme « . Ce Chanteur engagé et intellectuel étudie la musique au Conservatoire avec Mireille Mathieu à Paris où il envoie régulièrement des chansons dont  » Koukou moulélé  » qui est tube international. Hilarium Guéma et Oliver Ngoma connaissent depuis une dizaine d’année un succès au-delà du Gabon. Sur le plan local il y a des artistes de talents et ceux qui émergent parmi lesquels Mac Joss, Rosalie Mablove, Marie Colombe, Annie France Batchilili, Amandine, sheila, Landry Ifuta…

la Musique Gabonaise reste inconnue comme celle de Centrafrique.

Amandine

Amandine

Bien que ces artistes soient connus et émergeants, la Musique Gabonaise reste inconnue comme celle de Centrafrique. Et pourtant, plusieurs styles musicaux et variés Gabonais peuvent contribuer à la découverte de cette richesse Culturelle. Dans les rues de Libreville la Rumba Congolaise est mêlée au Zouk Love et aux Musiques Traditionnelles Fang, Myéné, Nzémbi, Obamba, Lumbu, Punu, Batéké et Oriengo. Le Gabon se modernise, mais conserve une dominante musicale traditionnelle et voire même au niveau de la danse et des tenues de scène. L’absence sans doute d’une synthèse de ces différents styles musicaux constitue un frein sur le rayonnement mondial de la Musique Gabonaise. Une Musique Urbaine dénommée  » Oriengo  » a particulièrement attiré mon attention du fait que ce genre peut devenir une spécificité Gabonaise. En fait,  » Oriengo  » est un style musical traditionnel très cadencé et dont la danse exprime des gestuelles de scène de la vie quotidienne. En général les gestuelles  » Oriengo  » imitent la danse des handicapés. Le caractère comique de cette danse apporte une joie de vivre et un piment à ce style interdit un temps par les autorités du pays pour empêcher les gens de se moquer des handicapés.

camelia-0541lyon-dor-261folker-053

Annie Flore Batchilili

Annie Flore Batchilili

Le Gabon regorge d’une pléiade de jeunes artistes, mais malheureusement il n’ y a pas assez de structures deproduction pouvant leur permettre de se produire sur scène et sur le plan discographique. Depuis la fermeture des studios professionnels  » Mandémba  » dirigé par le général Assélé et de Koussou d’Africa N°1, il y a une dizaine d’années, les artistes s’enregistrent dans quelques  » home studio  » avec une qualité moyenne. Parmi les  » Home Studio  » Gabonais il y a les studios Mandarine, Kaje et MD. L’absence de producteurs vient s’ajouter aux difficultés rencontrées par les artistes Gabonais. Beaucoup d’artistes déplorent le fait que la Radio Africa N°1 mondialement écouter et implantée à Libreville fasse la part belle de la musique Congolaise et d’autres sans penser à leur patrimoine. L’on peut également constater le manque à ce jour d’un Bureau Gabonais de Droits d’Auteur pouvant protéger les œuvres des artistes et les amener à vivre de leur Art.

lyon-dor22lyon-dor-6didiier-036
Une rencontre avec Mac Joss un des doyens et mémoire de la Musique Gabonaise me permet de raconter l’histoire musicale de ce pays.

Sheila

Sheila

Entre 1940 et 1950 Georges Damas Aléka compose la concorde qui est l’hymne national du Gabon. Il fonde unorchestre symphonique en 1948 qui évolue jusqu’en 1952 et dénommé Billy Max. Après la dissolution de cette formation, il créé un autre groupe symphonique  » Saint Cécile  » entre 1956 et 1958. En 1958/1959 Georges monte le groupe Okolongo avec des instruments à cordes, notamment de la contrebasse et des violoncelles. Georges fonde le groupe Spinx entre 1959 et 1960 et confie la direction à son fils Damas. En 1959/1960 Makinaloka un groupe Congolais arrive à Libreville avec les guitaristes Tchébo et Papa Noël devenu par la suite le soliste de l’Ok Jazz de Franco Luambo Makiadi. Quand l’orchestre se dissout en 1960 un fonctionnaire des PTT nommé Adiwa engage Papa Noël et Hilarium Nguéma et fonde Jeunesse Band.
Papa Noël forme Hilarium Nguéma à la guitare puis repart au Congo. Nous sommes toujours en 1960 où Hilarium Nguéma créé le groupe Afro Succès. Cette formation compose  » Indépendance  » qui devient un tube.

mac-joss-164lyon-dor-5africa-156

Un guitariste nommé Mounango Paul compose une chanson intitulé  » Mésakaboni  » en langue et ethnie  » Nzémbi  » et cela devient un tabac en 1960. La même année c’est aussi la naissance de  » Mélo Gabon  » de Paul Ekomié dit Docteur Popol. En 1963 Mac Joss revient de Mimongo où il passe les vacances. Il va regarder  » Spasman l’homme des étoiles  » un film à grand succès. Chemin faisant, Mac Joss traverse le quartier  » Nombakélé  » proche de  » la Canne à Sucre  » où joue Hilarium Nguéma. Mac Joss entend un jeune qui chante dans sa langue maternelle le  » Punu  »  » Niambi oulabi « . Mac Joss se dit si ce jeune chante lui aussi peut chanter. Le jeune s’appelle Jena Bibi Ibouanga. Mac Joss alors âgé de 17 ans va voir le bassiste de  » Mélo Gabon  » qui l’engage au sein du groupe en qualité d’aide maracassiste. Un mois plus tard, le groupe est invité par le patron du  » bar Jeannette  » à Lambaréné et c’est le début d’une longue carrière de Mac Joss qui devient chanteur de cette jeune formation.
africa-199africa-184rosalie-58

Aussi, il importe de signaler que le jeune Mac Joss encore lycéen abandonne l’école depuis son engagement musical. Mac Joss est un baroudeur du fait d’évoluer dans plusieurs groupes et partout. En 1970 il intégre la formation Gena, l’orchestre des FAG ( Forces Armées Gabonaise ) en 1971 et obtient le grade de capitaine avant de partir il y a quelques années à la retraite. Parmi ses œuvres connues  » Dis-moi la vérité  » qui a eu un grand succès en Afrique et  » Mourou tabac  » tête de mouton. Mac Joss est un chanteur qui mène une brillante carrière pendant ses trente dernières années. L’artiste est invité au 1er anniversaire de la prise de pouvoir de feu Thomas Sankara, en 1984, et ce après que le camarade Président ait écouté au Burkina Faso  » Mourou Tabac  » qui l’a subjugué.  » Mourou Tabac  » est une chanson profonde qui veut dire la tête du mouton. L’auteur veut dire que lorsque l’on tue un mouton, ses yeux restent ouverts pour voir les parties de son corps qui vont être mangées. Lorsque le feu Président Thomas Sankara arrive en visite à Libreville il fait appeler Mac Joss et l’invite à Ouagadougou pour une prestation musicale. Ainsi, Mac Joss débarque à Ouaga, donne un concert devant 5 000 personnes et se fait accompagner à la guitare par feu Thomas Sankara et le célèbre groupe Cubain  » La Sonora Mantacera  » avec la chanteuse Celia Cruz.

sultan-et-mc-152africa-185mac-joss-118

La Musique Gabonaise est marquée sur le plan international par des titres devenus célèbres et parmi lesquels  » Espoir  » composé et chanté par Hilarium Nguéma entre 1968 et 1969. Dans les années 70 beaucoup de groupes naissent et animent à Libreville les jeudi, vendredi, samedi et dimanche jusqu’à l’aube. Les orchestres Gena, FAG et les Diablotins voient le jour à cette époque. En 1995 Gena est dissout. le groupe Les Diablotins qui connaît dans les années 80 un succès mondial avec le titre  » Mon Associé  » composé et chanté par le chanteur Centrafricain Malao Hénnecy devient Kalamba et meurt en 1998. Les FAG sont baptisés Massako et disparaît lui aussi la même période. En dépit des difficultés rencontrées par les artistes Gabonais qui peinent à faire découvrir leur riche patrimoine, force est de remarquer que la Musique de ce pays sortira sans doute dans les proches années à venir de son  » Ghetto « . Tout d’abord, la volonté des artistes, leurs capacités dans les recherches et la motivation des jeunes pouvant assurer la relève sont des éléments positifs que j’ai constatés pendant mon voyage au Gabon. Après le Congo, le Cameroun et la Côte d’Ivoire, peut-être un jour la planète tout entière dansera sur la Musique Gabonaise.

danseur-tradi-791danseuse-de-rosalie-654

Un danseur Traditionnel                                     Une danseuse

maziki.fr
Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

Share on Facebook

XXII/ L’Evolution de la Rumba Congolaise

7/ Papa Wemba

Papa Wemba

Papa Wemba

Chanteur et l’un des membres fondateurs du groupe Zaïko Langa Langa, Papa Wémba lui aussi inscrit son non dans l’histoire de la musique Congolaise et Africaine. L’artiste est né au Congo Démocratique le 14/06/1949 sous le nom de Shungu Wembadio Pene Kikumba. Il se fait appeler au sein de Zaïko Wémba Djo. Il chante Amazone avec le Zaïko qui devient un tube dans les années 70. Son ascension commence dans Viva la Musiki qu’il fonde en 1977. Papa Wémba améliore la Rumba avec une sonorité Rock. D’où le concept Rumba / Rock qu’il créé. L’artiste devient populaire auprès des Congolais et surtout des jeunes de la rue appelés  » Chégué « . Papa invente une personnalité par l’élégance. Il popularise la Mode auprès des jeunes Congolais et Africains. Papa Wemba fait partie des Congolais qui inventent la SAPE ( Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes ). Il arrive avec son groupe Viva la Musica en 1997 et occupe la scène européenne. En 1983 Papa Wemba enregistre un album dénommé Malimba avec l’artiste français Zazou. En l’artiste effectue une tournée mondiale qui le mène au Japon et USA. Papa Wemba scinde son groupe Viva la Musica en deux formations. L’une l’accompagne dans la Rumba Congolaise, tandis que le deuxième groupe se spécialiste dans la World Music. Cette ouverture lui permet en 1992 d’enregistrer un album baptisé Le Voyageur en compagnie de l’Anglais Peter Gabriel. En 1997 l’artiste fait un duo avec le chanteur Sénégalais Youssou N’dour pour le bénéfice de la Croix Rouge. Papa Wemba est emprisonné en France en 2003 pour soit disant son implication dans une filière clandestine. Il est libéré trois mois plus tard et continue à occuper des scènes mondiales.

8/ Koffi Olomidé

Koffi Olomidé

Koffi Olomidé

Koffi Olomidé révolutionne et popularise la Rumba Congolaise en Afrique et dans le monde entier depuis ces quinze dernières années. Auteur compositeur de génie, les paroles et mélodies de l’artiste bien pensées touchent majoritairement les femmes qui le rendent populaire. Aussi, Koffi Olomidé a le mérite d’inventer le  » N’dombolo « , une variante à dominante folklorique de la Rumba appelée 6/8 ou Zébola en lingala. L’artiste a eu l’intelligence de ralentir le tempo de ce genre musical pour en faire ce qu’on n’est désormais convenu d’appeler le  » N’dombolo  » qui se danse de Douala à Bamako et de Paris à Abidjan.

Koffi Olomde

Koffi Olomdé

Né en 1956 à Kinsagani d’un père Congolais et d’une mère Sierra Léonaise, d’où son nom de Koffi qui désigne dans la tradition de sa maman les gens qui sont nés le vendredi. Contrairement à la plus part des artistes Congolais, Koffi a un parcours atypique. Après l’obtention de son bac, son père l’envoie à l’Université de Bordeaux en section commerce. Inspiré à ses débuts par le Seigneur Rochereau et le groupe des étudiants Congolais Los Nickolos, Koffi écrit des chansons et côtoie des artistes et groupes lors des ses vacances à Kinshasa. C’est ainsi qu’il collabore avec Papa Wemba et Zaïko Langa Langa pour faire ses premières armes dans la musique entre 1977 et 1978. Koffi écrit des chansons pour Papa Wemba à cette époque. En 1983 il démarre sa carrière en France et enregistre beaucoup d’albums et fonde en 1986 son groupe dénommé Quartier Lattin. En 1988 les grands succès arrivent et Koffi Olomidé occupe désormais la scène musicale mondiale avec des titres qui sont devenus des tubes :(Henriquet, Droit de Veto, Effrakata, V12, Ultimatum, Attentat, Monde Arabe, Danger de Mort). L’artiste occupe plusieurs années durant des premières places en matière de vente de disque à la Fnac. Son album droit de Veto vendu à 100 000 Exemplaires lui permet d’obtenir un disque d’Or. Koffi Olomidé collectionne des récompenses dont Kora 2002 en Afrique du Sud. L’artiste remplit entre 1994 et l’an 2000 plusieurs lieux de spectacles dont l’Olympia, Zéntih et Bercy sans publicité à la télévision française. Avec ce riche parcours musical, Koffi Olomidé inscrit son nom dans l’histoire de la Rumba Congolaise moderne.

maziki.fr
Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

Share on Facebook

XXII/ L’Evolution de la Rumba Congolaise

4/ Franco Luambo Makiadi

Franco Luambo Makiadi en 1956

Franco Luambo Makiadi en 1956

L’un des plus célèbres artistes musiciens Congolais est Franco Luambo Makiadi. Tout d’abord, le caractère satirique de sa musique, ses talents de guitaristes et sa stature imposante sont autant d’éléments ayant contribué à son succès. Et pourtant, l’artiste est non seulement autodidacte, mais un adolescent à l’époque qui s’est formé dans la rue. Né au Congo le 6 juillet 1938 Franco fait ses premiers pas dans la musique en jouant de l’harmonica puis, l’artiste devient guitariste. Ebengo Dewayon le grand frère du musicien Congolais Johnny Bokélo apprend à Luambo ses premiers accords de guitares avant qu’il ne se perfectionne auprès du Centrafricain Jimmy Zième Zakari. Ce dernier apporte à Franco un style musical alliant un mélange de la Rumba et de la musique classique que la vedette Congolaise en fait une spécialité. D’ailleurs, lorsque l’on écoute les premières mesures des morceaux de Franco, force est de remarquer de suite ce style devenu son identité qui n’échappe point à l’homme de la rue.

Franco Luambo Makiadi

Franco Luambo Makiadi

Franco enregistre chez Papa Dimitriou un producteur Grec sa première chanson au sein de la formation Waton dirigée par Dewagnon et le succès n’est pas au rendez-vous. Franco accompagne de nombreux artistes parmi lesquels Wendo Sor pour parfaire sa carrière musicale. Luambo s’enrichit en faisant beaucoup de variétés musicales et aussi pour s’ouvrir à d’autres horizons. Dans cette nouvelle avanture l’artiste croise Bowané un guitariste célèbre qui accompagne Wendo Sor dans Marie Louise. La collaboration avec Bowané permet à Franco d’enregistrer  » Bolingo na ngaï Béatrice « , titre qui lui donne une notoriété auprès des Congolais. Lorsque Bowané part évoluer en Angola, Franco monte en compagnie des artistes Congolais de Brazzaville ( Essous Jean Serge, Landu Rossignol, Pandi Saturnin et Daniel Loubelo dit De la Lune ) l’OK Jazz. Le propriétaire du bar Dancing  » Che Cassien  » du non d’Oscar Kashama devient le mécène de la nouvelle formation. D’où l’appellation de l’OK Jazz pour faire allusion et remercier O = Oscar K= Kashama pour le soutien matériel et financier qu’il apporte aux jeunes talents.

L'orchestre Ok Jazz en 1956

L'orchestre Ok Jazz en 1956

En 1957 l’orchestre connaît une scission pour des raisons de rivalités entre les Congolais de Brazzaville et de Kinshasa. Le chef de fil de Brazzavillois Jean Serge Essous va monter Rocka – Mambo avec ses compatriotes Pandi Saturnin, Daniel Loubelo et Rossignol. L’OK Jazz est destructuré et Franco engage deux autres Brazzavillois réputés dans les variétés, notamment la musique Cubaine à la mode à cette époque. C’est ainsi que les chanteurs Nganga Edo et N’kouka Célestin viennent sauver les meubles du groupe de Franco. L’OK Jazz rencontre un grand succès avec  » Aimé wa bolingo « ,  » Joséphine  » et Motema na ngaï épaï ya mama  » tubes chantés par les Brazzavillois du groupe.

En 1958 franco est arrêté par la police coloniale Belge et l’artiste est condamné pour une peine de prison. Un guitariste Kinois dénommé Bolhen remplace le tôlier et les Brazzavillois profittent d’une part de l’absence de leur chef d’orchestre et de la préparation de l’indépendance pour rentrer et monter une formation dans leur pays. C’est ainsi que Essous Jean Serge, Pandi Saturnin, Daniel Loubelo, Landu Rossignol, Célestin N’kouka et Nganga Edo fondent en 1959 Bantou de la Capitale à Brazzaville. Lorsque Franco est libéré en 1959 Vicky Longomba qui est l’un de chanteur fidèle à son chef le soutien dans l’engagement des nouveaux artistes parmi lesquels Simaro, Mujos et Kwami un Congolais de Brazzaville qui se distingue par son joli timbre vocal. Entre 1960 et 1963 l’OK Jazz connaît un grand succès, surtout avec des œuvres chantées par Mujos, dans un Espagnol bricollé avec des phrases simples qui reviennent à chaque fois.  » Mi amor, yo te quiero … « .

Sam Mangwana

Sam Mangwana

Entre 1964 et les années 70 une vague d’artiste dont Verkys, les Brazzavillois Youlou Mabiala et Michel Boyi banda viennent renforcer le groupe et lui apporte une autre dimension avec les tubes  » Yamba ngaï na léo  » et  » Mboka mopaya passi « . Puis, Franco et l’OK Jazz atteignent le paroxysme de leur Art dans les années 80 avec des chansons à succès devenus populaires.  » Kéba na matraque  » ;  » Na bali misère  » ;  » Mouzi  » ;  » Mamou  » et  » Mario « . le tube  » Mario  » fait de Franco un avocat défenseur des femmes du fait qu’à travers ce titre l’artiste raconte non seulement les malheurs d’une femme, mais dénonce par cette occasion des jeunes appelés  » gigolos  » qui vivent aux dépens de riches et vieilles femmes.

L’orchestre s’installe à partir de 1982 entre Bruxelles et Paris et Franco tombe malade et meurt à Bruxelles le 12 octobre 1989. Simaro Lutumba prend la direction de l’orchestre et un différent éclate avec la famille du défund qui impose sa volonté au nouveau chef d’orchestre. Simaro part avec des fidèles fonder Bana Ok qui peine à connaître un succès. Youlou Mabiala l’un des fils spirituels de Franco qui épouse l’une ses filles reprend la direction du groupe et éprouve des difficultés à faire décoller l’OK Jazz. Youlou tombe gravement malade lors d’une tournée à Pointe Noire à Brazzaville et se fait évacuer en France où il continue une longue convalescence. Force est de constater que personne n’arrive à gérer l’OK jazz de Franco après sa mort. Selon l’un des fidèles avant de mourir Franco lui raconte ceci :  » avant de mourir, je vais écrire le nom de mon groupe sur un bout de papier, je vais le bouffer avant le Kouanga ( manioc du pays) et puis, je bois un grand verre de bière pour tout avaler « . Cette histoire drôle et utopique veut dire beaucoup de choses. En fait, Franco veut dire qu’il partira tout simplement avec le nom de sa formation parce qu’il ne pense pas qu’un artiste digne pourra gérer ce patrimoine culturel. Non seulement Franco laisse un vide difficile à combler, mais l’artiste aura marqué trente années durant la vie musicale Africaine. De ce fait, Luambo contribue à l’histoire de la musique de son pays et du continent.

maziki.fr
Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

Share on Facebook

XX/ L’Evolution de la Rumba Congolaise

1/ La Rumba Congolaise de Brazzaville

Antoine Moundanda
Antoine Moundanda

La Musique Congolaise de Brazzaville qui a longtemps fait la pluie et le beaup temps en Afrique et sur le plan international est en crise. Et pourtant, le Congo Brazzaville à travers Paulo Kamba est le berceau de la Rumba dite Congolaise. Brazzaville capitale de l’Afrique Equatoriale Française et de la France Libre est aussi la capitale de la Rumba depuis les années 40. Brazzaville a été longtemps une plaque tournante de la Rumba Congolaise. « Brazza la verte » rythme à l’époque au pas de la Rumba de « Poto Poto » à « Bakongo » et de Brazzaville à Pointe Noire. Il y a la multiplicité des orchestres et des groupes vocaux de 1950 à 1980 à Brazzaville. L’on vient de Kinshasa et de Bangui pour faire la fête à Brazzaville avec le « Bantou de la Capitale » et le lendemain, l’on se défoule chez le « SBB ». Malheureusement cette époque est révolue.

2/ Les années 30 et 50 marquent la naissance des formations, Jean Réal, Cato,Victoria, JD Bohême, Négro Jazz, Cercul Jazz, Négro Band et Bantou de la Capitale.

Lucie Eyenga

Lucie Eyenga

Brazzaville devient une Capitale Culturelle Africaine dans les années 30 et 50. L’Antillais Jean Réal, est l’un des premiers musiciens à s’y produire dans les années 30 avec son orchestre de Rumba Congolaise. A Pointe Noire, l’orchestre des Béninois dénommé Cato se produit régulièrement pendant la même période. Puis, dans les années 40, Paulo Kamba fonde Victoria Brazza au quartier Poto Poto. JD Bohême (Jeunesse de Dahomey) créé à cette période par des Béninois et le musicien Congolais Fila au quartier Bakongo. Ces  formations animent la vie de la cité et font de Brazza une plaque tournante musicale. Paulo Kamba invente autour de son orchestre un groupe d’animation de femmes Congolaises qui participent activement aux concerts du groupe Victoria.

Essou Jean Serge

Essou Jean Serge

C’est au sein de ce groupe de femmes appelé «Muziki» (mouvement de femmes Congolaises qui milite pour leur émancipation par l’accès à la Culture et par le développement d’une solidarité entre les membres de l’association) qu’émerge Lucie Eyénga qui devient à Kinshasa l’une des premières chanteuses Africaines. Paulo Kamba participe ainsi à l’émancipation de la femme Congolaise longtemps confinée aux tâches ménagères.

Ensuite, des Congolais évolués fondent en 1950 le Cercul (Cercle Culturel Congolais) pour promouvoir la Culture de leur pays et prendre part à l’émancipation de la femme Congolaise. Ce mouvement Culturel donne naissance à différents groupes musicaux parmi lesquels Négro Jazz en 1950 (Jean Serge Essous et Edouard Nganga), Cercul Jazz en 1953 où émerge le chanteur engagé Franklin Boukaka et l’orchestre Négro Band en 1957 fondé par Max Masséngo. C’est au sein de ce groupe qu’émerge Lucie Eyénga dans Brigitte qui devient un tube. L’année 1959 marque la naissance de l’orchestre Bantou de la Capitale avec Jean Serge Essous, Nino Malapet, Celestin Nkuka et Saturnin Pandi qui devient une institution et le porte drapeau musical Congolais. C’est au sein de Bantou de la Capitale qu’est né la danse Boucher en 1965, qui devient populaire en Afrique. Puis, l’on assiste à partir des années 70 à l’explosion des groupes vocaux Congolais.

3/ Ange Linaud marque l’histoire de la Rumba Brazzavilloise

Ange Linaud
Ange Linaud

Djéndo Mouba Ange dit Ange Linaud est né à Brazzaville en 1947. Il devient Boucher après ses études primaires et débute sa carrière de chanteur en 1957 et intègre la chorale de l’église de Saint Anne de Brazzaville baptisée Les Piroguiers. Ange Linaud fait partie d’un Mouvement Culturel des Bouchers Congolais qui inventent au marché Total de Brazzaville la célèbre danse Boucher pendant les concerts de l’orchestre Bantou de la Capitale en 1965.

Ange Linaud le compositeur et interprète de la célèbre chanson C’est toi que je préfère qui a fait le tour du monde débute dans le groupe des fonctionnaires. Ce groupe est composé d’Ange linaud, Sam Moréno dit Sam Mangwana, Pécos, Céli Bitchu…) Cette formation a vu le jour pour faire la musique parce qu’il y a l’orchestre le Cercule Jazz, issu du mouvement Culturel Congolais et qui fait bouger tout Brazzaville. Le groupe des fonctionnaires se produit sur l’avenue André Matchoua à Bakongo.

Puis, le groupe des fonctionnaires devient Rubambéros, formation phare d’African Jazz qui alimente Joseph Kabassélé en chansons. Sylvain Mbemba et Gérard Bitchindou le compositeur de Lolita Miya et Lamoré forment l’ossature de ce groupe musical composé en majorité d’intellectuels des deux rives du Congo. Nous sommes en 1959 et le Congo Brazzaville Prépare son accession à l’indépendance. Dans le groupe des fonctionnaires, Ange Linaud interprète la chanson française. Géry Gérard le soliste part pour Bantou, d’où la disparition du groupe des fonctionnaires.

Ange Linaud réside au quartier Bakongo où l’on assiste au développement de plusieurs groupes vocaux dans les années 70. Les Cheveux Crépus avec Jacques Loubelo, Albert Massamba Coster et Prosper Nkouri. Les Echos Noirs de Sambango, Martino et Titos, groupe devenu Mbamina qui évolue en France de 1970 à 1990. Il y a également Les Mains Blanches, les Colles bleues qui animent la vie musicale Brazzavilloise.

Variété française et la Salsa Cubaine.

De 1960 à 1963 Ange Linaud est devenu Boucher en ville et intègre le groupe Mayombé qui anime des bals des blancs. Un orchestre de boîte qui chante en Français. Gérard Madiata qui chante en français anime dans des boîtes et des soirées officielles à Kinshasa. Dans les années 60 l’on assiste à deux tendances musicales élitistes à Brazzaville et à Kinshasa. Ange Linaud et Gérard Madiata chantent la variété française tant dis que Grand Kallé et Franklin Boukaka jouent de l’Afro-Cubain.

Pamelo Mounka
Pamelo Mounka

Ange Linaud, Sam Mangwana et de la Lune fondent le groupe Témbo le Peuple en 1967. Puis, le baroudeur créé en 1969 sous le règne de Marien Ngouambi le SBB Super Boboto avec Kinzonzi jules, Pirate, du Soleil, Nkaya Matos, Aimée Amédé Kibuilou. Le SBB est créé chez Faignond avec Albert Massamba Coster. En 1972 il y a eu la dislocation de SBB, suite à la création de plusieurs orchestres tels que Mando Négro kouala Kwa avec Master Mwana Congo, Sinza kotoko de Ya Gabi, puis des groupes amateurs Bélingué, Sakana, Ndimbola Lokolé, Les As qui donnent naissance à l’orchestre Ballet National de la Jeunesse en 1977 sous la direction Lucien Kimpouni, Pambou Tchikaya, Amédée Kibuilou, Denis Loubassou la Cloche et Saiskin Molénga.

Lucien Kimpouni et Ange Linaud fondent en 1977 l’UMC ( l’Union des Musiciens Congolais ) et Ange Linaud devient son premier Président. Ange Linaud est décédé en 2001, après avoir contribué à l’histoire de la musique Congolaise et rencontré un grand succès mondial avec son célèbre tube C’est toi que je préfère, arrangé par de la Lune ya Luna. Véritable baroudeur et ayant marqué l’histoire de la musique de son pays, le parcours d’Ange Linaud mérite d’être raconté dans ce document.

maziki.fr
Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

Share on Facebook

XIV/L’Evolution de la Musique Centrafricaine

1/ L’explosion des groupes musicaux dans les années 70

Groupe Zo Kwè Zo

Groupe Zo Kwè Zo

Nous assistons à l’explosion de groupes musicaux Centrafricains dans les années 70 et parmi lesquels:  » Echo 70, Super Elégance, Vox Négra, Vox Amical, Négro Louamé, Super Nzénzé, Vibro Jazz, Flash Vaqueros, Super Commando Jazz, Musiki, Ngombéka, Léngué Léngué Sentimental, Super Bazombi, Africa Lokombé, Zo Kwè Zo…Ces groupes se fondent et disparaissent fautes de moyens et de promotion hors de nos frontières.

Entre 1980 et l’an 2000 nous assistons à la naissance de « Canon Stars » « Zokéla », « Super Stars », « Ouka Stars », « Cool Stars » et « JMC ». De nos jours, la majorité de groupes disparaissent pour des raisons de la concurrence concernant des matériels sophistiqués des discothèque d’une part et d’autre part pour la crise économique qui réduit le pouvoir d’achat des Centrafricains. Seules les formations « Musiki », « Tropical Fiesta » et « JMC » animent désormais les nuits Centrafricaines.

Georges Ferreira et Djogo Massely

Georges Ferreira et Djogo Massely

Parmi les artistes qui marquent avec leurs groupes l’histoire de la Musique Centrafricaine l’on remarque : Le guitariste Prosper Mayélé et le Centrafrican Jazz, le chanteur Charlie Perrière et le Tropical Fiesta, le chanteur saxophoniste Rodolphe Békpa et le Vibro Succès, le guitariste Thierry Darlan et le Muziki, le guitariste Diable Kombas et le Succès Flash et le guitariste Georges Ferreira et le Makémbé.

Le chanteur, auteur, compositeur Docteur Wetch de Centrafrican Jazz, considéré comme le meilleur compositeur Centrafricain et Lézy chanteur de charme de Vibro Succès méritent un hommage particulier. Un nombre imprtant d’artistes Centrafricains émigrent en France pour poursuivre leur carrière entre les années 80 et 90.

Sultan et Sokambi

Sultan et Sokambi

Compte tenu de sérieusses difficultés liées au manque de structures de production discographique et aux moyens de promotion en Centrafrique, un nombre important d’artistes Centrafricains émigrent en France pour poursuivre leur carrière entre les années 80 et 90. Baba Bhy Gao, Léa Lignanzi, Princess Léoni Kangala, Sultan Zembellat, Etty Pacheco, Frédéric Yvon Kangala, Laskin Ngomatéké, Faustino, Saladin, BB matou et les Canons Stars sont les artistes et groupes Centrafricains expatriés qui tantent de promouvoir la musique de leur pays en France.

maziki.fr
Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

Share on Facebook

IX/Le Professeur de Musique Marcel Joachim Vomitiendé

1/ Le Professeur de Musique Marcel Joachim Vomitiendé est l’un des précurseur de la Musique Centrafricaine qui accompagne au piano le Président Bathélémy Boganda lorsque ce dernier compose et chante pour la première fois l’hymne nationale de Centrafrique.

Marcel Vomitiendé

Marcel Vomitiendé

L’un des précurseurs de la Musique Centrafricaine est le Professeur Marcel Joachim Vomitiendé qui est également un de mes oncles. Il importe de signaler que mon oncle Marcel Joachim Vomitiendé est le chef de fanfare en Centrafrique de 1963 à sa mort en 1994. Pianiste de son état, Marcel accompagne l’ancien Président de Centrafrique Barthélémy Boganda lorsque ce dernier compose et chante pour la première fois l’hymne de la République Centrafricaine  » la Renaissance « . Le président Barthélémy Boganda fait appel en 1958 à mon oncle pour harmoniser notre hymne national nouvellement écrit. Le président fasciné par le talent de ce pianiste instituteur, l’envoie en France avec pour mission de revenir fonder une fanfare nationale pouvant exécuter dignement « la Renaissance ». Après 3 années d’études au Conservatoire de Paris, Marcel Jaochim Vomitiendé revient à Bangui en 1963 où il monte la première fanfare Centrafricaine. Il obtient le premier prix de Conservatoire de paris en 1962. Ainsi, Jimmy Zakari et Marcel Joachim Vomitiendé représentent l’histoire de la Musique Centrafricaine du fait de leur contribution au patrimoine culturel de ce pays.

2/ Le professeur de musique, musicologue et chef de fanfare, Marcel Joachim Vomitiendé

Marcel Vomitiendé

Marcel Vomitiendé

Marcel Joachim Vomitiendé est né le 05 septembre 1927 à la mission Saint-Paul à Bangui. Son père René Vomitiendé et Barthélémy Boganda tous deux orphelins de père sont recueillis par des prêtes de l’église Saint – Paul qui leur apportent une éducation fondée sur l’enseignement Catholique. Barthélémy Boganda, garçon vif et doué pour les études est orienté au petit séminaire et René Vomitiendé reçoit une formation professionnelle de charpentier. Marcel fréquente en 1933 l’école primaire de Saint-Paul des rapides et notre dame de Saint Louis et obtient son Certificat d’études indigènes en 1940.

3/ Il rentre à Bangui où il obtient le CAP d’Instituteur et intègre l’enseignement Catholique

Président Barthélémy Boganda

Président Barthélémy Boganda

Marcel Joachim Vomitiendé rentre au pré-séminaire d’Esok et au petit séminaire d’Akono au Cameroun de 1940 à 1945 où il finit la classe de première. Il rentre à Bangui, obtient le CAP d’Instituteur et intègre l’enseignement Catholique. Il importe de signaler que l’église Catholique détient à l’époque le monopole d’enseignement sur le territoire de l’Oubangui Chari. Successivement, Marcel occupe le poste d’Instituteur à Bambari de 1945 à 1946, M’baïki de 1946 à 1947, Alindao de 1948 à 1949, Ippy de 1949 à 1950, Saint – Louis de Bangui de 1950 à 1952 et Sibut de 1952 à 1953 où il est directeur et professeur de Latin au petit séminaire Saint Marcel de Sibut.
Marcel tombe malade vers fin 1953 à Kémbé où il est Adjoint au Chef de District et Agent Spécial et se fait interner à l’hôpital général . Il emporte sur lui sa guitare à l’hôpital et se produit toute la nuit, d’après lui pour consoler les malades avec la musique. S’ il excelle au chant et à la guitare, la nuisance occasionnée par sa musique dérange la tranquillité des patients de Kémbé. Le lendemain il se fait virer de l’hôpital et retrouve la santé. Certains anciens patients se souviennent de sa bruyante prestation quelques années plus tard à Bangui.

4/ Marcel part en formation de professeur de musique en France à la demande de Barthélémy Boganda

Fanfare de Mesan en 1972

Fanfare de Mesan en 1972

En 1954 il intègre la fonction publique à Bangui où il occupe différentes fonctions: Commis Adjoint des S.A.S, Commis des S.A, Secrétaire d’Administration, chef des Services Généraux à la station Expérimentale de Boukoko et Secrétaire Particulier du Gouverneur San Marco de 1954 à 1957. De 1957 à 1959 il devient chef de Cabinet du Président Barthélémy Boganda et également chargé des Travaux publics. Marcel part en formation de professeur de musique en France, et ce à la demande de Barthélémy Boganda. En France il effectue ses études à l’école Supérieure de Musique et des Arts de Paris en 1960. De 1961 à 1963 Marcel fréquente l’école Supérieure Schola, le Conservatoire National de Musique de Paris, option professeur d’Education Musicale.

5/ Il obtient la Licence d’Histoire de la Musique, de Musicologie et le titre de Professeur de Musique à la Sorbonne.

Marcel Vomitiendé

Marcel Vomitiendé

Parallèlement Marcel s’inscrit à Paris la Sorbonne en Histoire de Musique et en Musicologie de 1960 à 1963. Il obtient la Licence d’Histoire de la Musique, de Musicologie et le titre de Professeur de Musique à la Sorbonne. Le musicien rentre à Bangui en 1963 où il fonde la première fanfare Centrafricaine baptisée  » Fanfare Nationale Centrafricaine « . Il rentre à Bangui avec tout un équipement, procède lui -même chez lui au quartier Lakouanga à Bangui au recrutement des musiciens. Ce n’est pas facile à l’époque du fait que la majorité de jeunes de bonnes familles n’adhère pas forcément à la musique. Longtemps, selon des parents Africains, la musique est liée au voyoutisme. D’où leur démotivation d’orienter leurs enfants dans la carrière musicale.

maziki.fr
Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

Share on Facebook