XVI/L’Industrie Culturelle Centrafricaine

1/ Producteurs et Structures de Production en . Monsieur Lejuste, un français d’origine Antillaise installée à Bangui avant l’indépendance est le premier producteur de la Musique .

vibro-bokassaContrairement à la République Démocratique du Congo qui est doté dès 1939 d’un premier studio d’enregistrement, des Radio Léopold ville et Congo Belge puis les éditions Ngoma, Opika, Loningissa qui sont des industries musicales, la République Centrafricaine est dépourvue de tous ces moyens de production artistique. D’où des difficultés sur l’émergence de la Rumba Centrafricaine.

En absence de studio d’enregistrement à l’époque amène , la Radio Bangui enregistre les artistes et les groupes parfois avec des sonorités qui ne permettent pas d’affronter la concurrence. Monsieur Lejuste, un français d’origine Antillaise installée à Bangui avant l’indépendance est le premier producteur de la Musique Centrafricaine. Quelques années plus tard un Centrafricain dénommé Chandra Mballa se lance dans la production, mais abandonne aussitôt compte tenu des impôts et taxes douanières trop élevés sur les produits liés à la musique. Les disques Centrafricains produits en 45 tours sont distribués à l’époque par les éditions N’goma et N’gombi. Enfin il importe de prendre en compte une analyse sous forme de rapport effectué par l’UMCA (l’Union des Musiciens Centrafricains) intitulé : La crise de la Musique en République Centrafricaine. (avec la participation de Jean-Eudes Téya, Francis Feirrera, Thierry Yézo, Karawa, Kapkékala, Evis Evoko, Aby Ngomatéké, Aboubakar, Kaïda, Assamba, Kanta, Siza, Jojo, Jean Marc, Gode) Dans ce rapport il est noté :

Laskin Ngomatéké

Laskin Ngomatéké

2/ Malheureusement aucun producteur n’a réussi un décollage réel

« Ils seront plus tard rejoint par CMS production, Yologaza, Saulet, Bomongo Tita Kpamanda, Billy Dodo. Quelques artistes, notamment Judes Bondèze, Princess Leoni Kangala, , Frédéric Yvon Kangala, Laskin Ngomatéké arrivent à trouver des producteurs à l’étranger ou à s’auto-produire. Malheureusement aucun producteur n’a réussi un décollage réel ». Toujours dans son analyse pertinente sur la situation de la Musique Centrafricaine que je partage la plus part des constats, ce document écrit par Régis Cissoko rapporte, je cite :
« Alors que dans les autres pays voisins la production discographique bat son plein avec comme exemple l’IAD au Congo Brazzaville, le studio Mademba et Nkossu au Gabon, le studio de la Radio – Télévision au Cameroun, le studio Centrafricain dont l’implantation avait prévu à Béréngo ne verra jamais le jour ».

3/ Dans les années 80 nous assistons à la naissance des studios de production avec des équipements de bord

Laetitia zonzambé

Laetitia zonzambé

Le projet d’équipement en studio d’enregistrement et de pressage de Béréngo initié par Bokassa n’ayant pas vu le jour, les groupes se trouvent de ce fait confronter au problème de production. Ainsi donc, dans les années 80 nous assistons à la naissance des studios de production avec des équipements de bord (magnétophones, 2 pistes, 4 pistes, 8 pistes) implantés à Bangui par des Centrafricains. Thierry Darlan chef d’orchestre de Muziki créé un studio 2 pistes au sein de bar Etoile au KM5 dans les années 70 où les groupes viennent enregistrer. Plus tard, dans les années 80 Thierry Yézo apporte une amélioration à ce studio situé désormais au sein du dancing ABC. Puis Alex Balu revient de France avec des matériels et installe un studio d’enregistrement dans les années 80. Il baptise sa structure, « Studio Vitanime » installé au quartier Sica II à Bangui. Enfin Régis Cissoko manager de troupes traditionnelles fonde le studio « Bonga-Bonga » où il produit beaucoup de groupes Centrafricains. Le dernier studio dénommé « Jowice » est créé par Bruno Alima. Il s’agit d’un studio numérique équipé d’un magnétophone 8 pistes et d’une unité « Protool’s » pouvant aller jusqu’à 48 pistes virtuelles. Ce studio est repris et amélioré par Régis Cissoko apporte une qualité meilleure dans les enregistrements des groupes effectués ces dernières années à Bangui.


Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

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