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I/ Les artistes Centrafricains de France

Baba Bhy Gao

Baba Bhy Gao

Léa Lignanzi

Léa Lignanzi

De tout temps des artistes Africains voyagent en Europe, notamment en France pour se produire et faire une promotion de leurs œuvres à partir de Paris. Plusieurs raisons expliquent le choix de la destination de Paris. Tout d’abord l’absence de structures de production et de promotion motive ce voyage sur la France qui est équipée de moyens recherchés par nos artistes. Le lien historique avec la France et le mythe est également une raison valable du fait que cela est facile de communiquer à Paris qu’à New York. Aussi, Paris Capitale Culturelle et aussi un grand Carrefour de Musique du fait de ses studios d’enregistrement et de ses lieux de spectacle mondialement connus. De plus, Paris dispose d’une multitude de chaînes de radiodiffusions et de télévisions pouvant assurer la promotion des œuvres musicales. Outre ses grandes écoles de Musique connues mondialement, longtemps les quartiers de Saint Germain des Près et de Pigalle attirent d’éminents artistes internationaux du fait de la réputation de des lieux de spectacle qui y sont implantés.

Laskino Ngomatéké

Laskino Ngomatéké

La réussite de certains artistes francophones installés depuis quelques années à Paris parmi les quels Manu Dibango, Francis Bebey, Lokoua Kanza est aussi une autre raison sur ce choix. A ce titre, des artistes Centrafricains tentent leur chance en venant à Paris pour ne pas rester en reste. C’est ainsi qu’une première vague d’artistes composée de Baby Bhy-Gao, Léa Lignanzi et de Domingo Salsero débarque à Paris à partir d’Abidjan pour accompagner Sam Magwana. Ils ne tardent pas à se séparer de Sam Magwana pour une carrière en solo. Les artistes Centrafricains sortent des disques et ne décollent pas. Outre la gestion de leur carrière en solo, ils accompagnent de nombreux artistes Congolais dans les studios Parisiens. Pamelo Moun’ka et Suzy Kasséya font partie des artistes que les Centrafricains accompagnent aux studios. En 1994 Domingo Salsero meurt à Saint Brieuc et ses deux compagnons Baby Bhy-Gao et Léa Lignanzi continuent à mener la lutte pour faire connaître la musique .

Princesss Leonie Kangala

Princesss Leonie Kangala

Dans les années 80 une deuxième vague d’artistes arrive à Paris et parmi lesquels Princess Leoni Kangala, Laskino Ngomatéké, , Judes Bondèze et Yvon Kangala. Eux aussi évoluent en solo, se produisent régulièrement sur scène et sur disque, mais malheureusement aucun ne se détache de la bande. Entre les années 90 et 2000 les groupes Canon Stars et Musiki rejoignent leurs pairs à Paris et ne parviennent pas à décoller en débit de plusieurs productions scèniques et discographiques. Le groupe Musiki est scindé en deux formations pour des questions de rivalités.

BB Matou

BB Matou

Pourquoi depuis plus de vingt ans les artistes Centrafricains de Paris peinent à décoller contrairement aux Congolais, Camerounais et Ivoiriens ? Il y a sans doute plusieurs raisons qui freinent l’évolution de la musique Centrafricaine. Tout d’abord, il faut reconnaître que le niveau musical baisse d’année en année chez les artistes Centrafricains, comparativement au travail de qualité développé à l’époque par nos aînés Prosper Mayélé, Rodolphe Békpa et Charlie Perrière. Il bien vrai que les styles doivent évoluer avec le temps, mais force est de constater un manque d’amélioration de l’héritage musical Centrafricain. Cette absence de qualité est sans doute due à un manque d’investissement de notre part à nous tous artistes Centrafricains. Une autre voie de la perfection est l’apprentissage de la musique au Conservatoire ou autre dans des écoles de musique. L’on peut constater que seul une petite minorité d’artistes Centrafricains s’inscrivent dans cette démarche et parmi lesquels Stan Banda, Delmas Kélou et Francis Ferreira. Pour ma part, je me suis inscrit deux années durant dans une chorale municipale en France où j’apprends à chanter des œuvres classiques et de la variété française afin de me perfectionner.

Canon Stars

Canon Stars

Aussi, nous ne cherchons pas à moderniser notre musique qui reste trop locale, comparativement à d’autres courants musicaux. La plupart des musiques de ce monde (Salsa, Rumba, Makossa, Rock… ) sont ouverts à d’autres styles pour évoluer. De plus, la majorité du public qui fréquente nos concerts est d’origine Centrafricaine et ce qui prouve que nous avons du mal à sortir de notre ghetto. De plus, les Centrafricains contrairement aux congolais ou Cameounais n’achètent que rarement des disques produits par ses artistes. L’on peut déduire ainsi que ce manque de chauvinisme contribue à l’enfermement de notre musique. Enfin, l’absence d’une politique Culturelle par l’Etat Centrafricain contribue à tuer notre musique.


Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

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