VIII/Jimmy Ziem Zakari (suite)

5/Jimmy sensibilise les musiciens Congolais sur la connaissance et sur la revendication de leurs droits d’auteur

Jimmy Zakari

Jimmy Zakari

Entre les années 40 et 50 la Rumba Congolaise naissante génère de l’argent a leurs producteurs et les conditions de vie des artistes des éditions  » Ngoma  » et  » Opika » ne s’améliorent pas. Jimmy Zakari connaissant ses droits du fait d’avoir fait des études musicales au séminaire réclame ses droits d’auteur à Bénatard des éditions  » Okapi « . Il obtient gain de cause et en informe Wendo, Bowané, Manuel Doliveira qui effectue la même démarche auprès de Jiriminidis des éditions Ngoma avec succès. De part ce geste militant, Jimmy sensibilise les musiciens Congolais sur la connaissance et sur la revendication de leurs droits d’auteur.Il est à signaler que la SABAM (Société des droits d’Auteurs Belge) gère les droits des chanteurs et musiciens évoluant au Congo Kinshasa, à l’époque de Congo Léopolville.

6/ Jimmy forme le chanteur Joseph Kabassélé

Joseph Kabassélé dit grand Kallé

Joseph Kabassélé dit grand Kallé

Il importe de signaler qu’un jeune chanteur engagé dans l’écurie « Opika » du nom de Joseph Kabassélé alias grand Kallé est formé par Jimmy Zakari. Un jour, le jeune chanteur Kallé vient frapper à la porte de Bénard pour se faire produire. Bénatard lui conseille de se perfectionner et demamde à Jimmy de le former. Ausi, les premières Rumba Congolaises enregistrées à Kinshasa dans les années 40 et chantées par le jeune chanteur Joseph Kabassélé sont orchestrées et arrangées par Jimmy. D’ailleurs, quand on écoute ces enregistrements, l’on reconnaît des solos de guitare de Jimmy. Du fait de la pénurie des musiciens pouvant jouer en groupe, Jimmy fait appel à des expatriés pour former un orchestre complet de la Rumba Congolaise. C’est ainsi que Jimmy fait appel à Foul Candrix un expatrié Belge qui devient le premier saxophoniste de la Rumba Congolaise. Aussi, cet orchestre sous la direction de Jimmy reprend des standards connus de : Jazz, Tango, Blues, Rumba Cubaine, Boléro, Polka Piquée, Valse. De plus, Jymmy Zakari est l’arrangeur et guitariste soliste de la première version du chef-d’oeuvre «Kalé Kato» composée et chantée par Joseph Kabassélé en 1948. Lorsque Foul Candrix rentre définitivement en Belgique dans les années 50, Jimmy va chercher le saxophoniste Zambien nommé Isaac Mousikiwa à Lumbumbashi pour remplacer l’Européen.Ce dernier devient quelques années plus tard le saxophoniste titulaire de l’Ok Jazz de Franco Luambo Makiadi.

7/ Il apporte une formation à des jeunes talents parmi lesquels Tino -Barroza, docteur Nico devenu le célèbre guitariste de Rochereau et son frère Descheaux

Nico Kassanda dit Dr Nico

Nico Kassanda dit Dr Nico

Jimmy forme un orchestre composé en majorité de jeunes en 1954 pour une tournée prévue à l’étranger. Il apporte une formation à ces jeunes parmi lesquels l’on retrouve Tino – Barroza, docteur Nico devenu le célèbre guitariste de Rochereau et son frère Descheaux. Jimmy apporte à ces jeunes musiciens une formation en harmonie pouvant les amener à interpréter des morceaux et surtout le jazz dont les accords sont complexes. D’après lui, le plus doué de ces formés est Tino Barroza qui joue avec le respect d’harmonie, c’est -à- dire la maîtrise des successions logiques des accords de musique. D’ailleurs, la chanson Lolo Brigida  » chantée par Joseph Kabassélé, composée et accompagnée par Tino – Barroza atteste bien ce témoignage. Tout comme son maître Jimmy, Tino – Barroza est non seulement un bon guitariste, mais également un excellent saxophoniste.

8/ Jimmy forme les guitaristes Centrafricains Diable Kombas et Nico Koguia.

Revenu à Bangui, la terre de ses ancêtres en 1957 jimmy rencontre des musiciens Centrafricains, anime des émissions pour la Radio Brazzaville depuis une antenne de Bangui et forme des jeunes musiciens. Il forme les guitaristes Centrafricains Diable Kombas et Nico Koguia. Jimmy rencontre un de ses copains Marcel Joachim Vomitiendé, professeur de musique, ensemble ils animent assez souvent des bals en plein air à Lakouanga. Je le rencontre pour la première fois chez mon oncle Marcel Joachim Vomitiendé au quartier Lakouanga en 1964 où il vient jouer de la musique avec ce dernier et raconter son parcours musical. Je garde encore des souvenirs de ce genie qui accompagne à la guitare et au saxophone mon oncle qui joue du piano.

9/ Luambo Makiadi rencontre Jimmy à Bangui et lui doit sa reconnaissance pour l’avoir formé à Kinshasa.

Franco Luambo Makiadi

Franco Luambo Makiadi

Après son passage à la Radio Bangui fondée le 1er décembrer 1958, et ce en qualité d’animateur, Jimmy devient secrétaire dactylographe à la présidence de la République où il prend sa retraite en 1986. En 1987 le chanteur guitariste Luambo Makiadi alias Franco le rencontre à Bangui et lui doit sa reconnaissance pour l’avoir formé à Kinshasa. Franco le réhabilite socialement à Bangui en lui achetant un costume et en lui donnant un peu d’argent de poche. De plus, en qualité de président de la SONECA (Société Nationale des Editeurs, Compositeurs et Auteurs) de Congo, il invite Jimmy Zakari à Kinshasa pour qu’il touche ses droits d’auteurs accumulés depuis plusieurs années et en attente de paiement. Jimmy part à Kinshasa touche ces droits d’auteur et revient s’acheter une maison au quartier Pétévo où il vit jusqu’à son dernier souffle en 1990.

10/Je tiens à le réhabiliter sur le plan de l’ de laRumba Congolaise et à rendre hommage à ses anciens compagnons pour l’héritage qu’ils nous lèguent.

Enfin, il importe de préciser avec des détails dans cette Anthologie de la Musique , comment et dans quelles conditions Jimmy Zakari est bien l’un des pionniers de la Rumba Congolaise. Certains ne lui reconnaissent pas une part de paternité dans la création de ce patrimoine du fait qu’il soit Centrafricain. Pour ma part, je tiens à le réhabiliter sur le plan de l’histoire de la Rumba Congolaise et à rendre hommage à ses anciens compagnons pour l’héritage qu’ils nous lèguent. En tout état de cause, le but de cette démarche est la revalorisation et la promotion de la Musique encore méconnue, et ce dans une optique de sauvegarde de notre Patrimoine Immatériel destiné à la génération future.



Anthologie de la Musique Centrafricaine

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