V/ L’apport du High Life dans la Rumba Congolaise

1/ L’origine du High Life

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accraL'Arc de l'Indépendance d'Accra

Le High Life est un style musical venu du Ghana et qui envahie l’Afrique Centrale dans les années 50. L’Afrique en générale est sous l’influence à cette époque du High Life et de l’Afro- Cubain. Wendo Kolosoy, l’un des pionniers de la Rumba est très influencé par le High Life. En fait, le style du chanteur est un mélange d’Afro-Cubain, d’une dominante du High Life et de la mélodie locale Congolaise. Wendo déclare lors d’une série d’émission sur la Télévision publique Congolaise intitulée  » Tango ya ba Wendo  » en lingala ( l’époque de Wendo ) que dès son jeune âge, il se perfectionne auprès des musiciens Ghanéens venus en Afrique Centrale dans les années 40. Selon des récits de certains anciens musiciens du continent, l’influence Ghanéenne en Afrique Centrale commence vers le 18ème siècle où un roi de ce pays est déporté par des Anglais pour l’Afrique du Sud.

Lorsque le Roi et des sujets qui le suivent traversent des pays d’Afrique Centrale, des musiciens qui l’accompagnent, enseignent la musique aux habitants des pays visités. Plus proche de nous, l’immigration des  » Popos  » appellation désignant les Ghanéens, Béninois et Togolais en Afrique Centrale contribue à l’évolution de la Rumba Congolaise. Musicalement, ces pays avancés apportent leur savoir en Afrique Centrale où tout reste à faire. Aussi, d’autres musiciens établis en Afrique Centrale apprennent à leurs pairs locaux le High Life en vogue. L’exemple du grand Congolais Adou Elénga et d’origine Ghanéenne est à retenir. Celui-ci marque l’ de la Rumba Congolaise en composant « Ata Ndélé mokili éko baluka » (un jour le monde va changer). Il importe de signaler qu’il y a entre 1940 et 1960 un grand quartier Ghanéen à Kinshasa et la majorité des pêcheurs Congolais de Brazzaville vient du Ghana. Donc l’influence des  » Popos  » en Afrique Centrale n’est plus à prouver. D’ailleurs dans la Rumba Congolaise, notamment dans l’exécution du Soukouss, ce qui est convenu d’appeler  » Sèbène « , c’est-à-dire la deuxième partie ou le  » Chauffé  » d’une chanson vient du mot anglais  » Seven  » apporté par des musiciens Ghanéens pour désigner un accord de 7ème.

Pour comprendre davantage l’histoire du High Life Ghanéen, je publie un travail de recherche effectué par les musicologues Nago Seck et Sylvie Clerfeuille dans l’ouvrage  » Les grandes figures des Musiques Urbaines Africaines  » Editions Afrique en Créations. Ce travail admirable qui est aussi une véritable mine d’or sur la Musique Africaine encore méconnue et inexplorée fait suite à une exposition sur des œuvres des artistes de notre continent.

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Eddy Mensah

(créé en 1914) opérant une fusion de musiques noires Américaines et Européennes construite sur des phrasés et des rythmes Africains : la musique de vin de palme ou maringa née en Sierra Leone et dominée par Ebenezer Calender puis Souleymane  » SE  » Rogie. Ce courant joué avec des guitares acoustiques et des instruments à cordes dont le banjo est adopté au Liberia par les  » Krumen  » des marins amateurs de guitares naviguant le long de la côte Ouest Africaine.

Il est gravé pour la première fois en 1926 par le Ghanéen Jacob Sam  » Kwame Asare  » pour Zonophone. Approfondi par son neveu, le guitariste Kwaa Mensah, ce style annonce un genre apparu dans les années 30/40. Le High Life ou Hilife (la belle vie) appelé localement  » Osibisaba « . Tiré des musiques d’église, des fanfares militaires, du jazz et des rythmes de la côte (  » Osibi  » du Ghana à base de percussions et des chants,  » assiko  » de Sierra Leone  » dagomba  » et de guitare  » fireman  » du Liberia ), il gagne toute l’afrique de l’Ouest à partir des années 50. Il est popularisé par le compositeur – Trompettiste Emmanuel Tettey  » ETT Mensah surnommé le  » Roi du High Life  » et son titre All for you composé en 1952 et inerprété à l’occasion de la venue de Louis Armstrong à Accra en 1956. Dans les années 60, le High Life est agrémenté de rock et de musique traditionnelle Ghanéenne  » Akwete  » par Victor Uwaifo. Les tournées mondiales du groupe Osibisa offrant une version soul music et carabéenne porte le genre sur la scène internationale…  »

2/ le Président Kwame Nkrumah fait du High Life,
un outil culturel d’affirmation nationale

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Kwamé NKrumah

Le High Life fut aussi un outil culturel d’affirmation nationale par le Président Kwame Nkrumah. Adepte du panafricanisme et de l’expression moderne des Cultures Africaines, cet homme politique fit du High Life l’épine dorsale des musiques du Ghana et encouragea son développement par la création d’institutions et de bourses d’études pour les créateurs de musique. Tout comme à Cuba où Castro valorise la Musique Cubaine dans sa globalité, Nkrumah en fait autant pour aussi contribuer à la transformation des mentalités de son peuple accédant nouvellement à l’indépendance.

Dès 1960 le Président Kwamé N’krumah attribue des bourses d’études aux étudiants Ghanéens qui vont apprendre la musique dans les conservatoires occidentaux. C’est ainsi que N’krumah fait obtenir une bourse au jeune saxophoniste doué Teddy Osei qui va étudier au royal college of Music de Londres. Le jeune Teddy monte à Londres le groupe Osibisa en 1970 et qui est connu mondialement et fait la fierté du Ghana.



Anthologie de la Musique

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