IX/Le Professeur de Musique Marcel Joachim Vomitiendé

6/ Barthélémy Boganda qui initie ce projet musical patriotique meurt dans un accident d’avion le 29 mars 1959.

Président Barthélémy Boganda

Président Barthélémy Boganda

Marcel se bat pour avoir l’accord des parents des jeunes recrutés dans son orchestre. Bon pédagogue du fait d’être Instituteur, Marcel arrive à apprendre la musique à ces jeunes dans la majorité sont déscolarisés et rencontrant de difficultés de tout ordre. Dans un premier temps, il n’obtient pas de salle de cours pour sa fanfare. Barthélémy Boganda qui initie ce projet musical patriotique meurt dans un accident d’avion le 29 mars 1959. Marcel se bat contre des moulins à vent et transforme sa demeure de Lakouanga en salle de cours et de répétition de musique. C’est la première fois où je vois des instruments à vent de toute sorte. Je ne connais point à l’époque un seul petit coin de la maison où l’on ne retrouve pas d’instrument.

Marcel Vomitiendé

Marcel Vomitiendé

Les Banguissois viennent de partout pour assister aux concerts gratuits de la nouvelle fanfare Nationale. Des excercices de défilé dans les rues de Lakouanga sont spectaculaires du fait des musiciens novices dont les pas sont décalés du rythme joué. La foule assiste à ce spectacle qui devient un rituel et ne manque pas de commentaires. De plus, de sa mission de chef d’orchestre, mon oncle se confronte à l’éducation véritable de ses éléves. Certains d’entre eux incorporés dans l’armée et devenus officiers supérieurs de l’Armée se souviennent encore de cette époque qui marque leur apprentissage dans la fanfare Nationale. Pour certains jeunes, ce passage dans la fanfare est un facteur déclanchant sur leur intégration dans la vie active. Comme quoi une formation laisse toujours des traces.

7/ Pour la première fois, l’hymne national Centrafricain « la Renaissance »est jouée par des Centrafricains.

Marcel obtient enfin en 1964 un espace de cours et de répétition pour la fanfare par ce que les autorités viennent de voir des preuves de cette action patriotique. Pour la première fois, l’hymne national Centrafricain  » la Renaissance  » est joué par des Centrafricains. La fanfare Nationale Centrafricaine anime le défilé du 1er décembre 1963 célèbrant la fête de l’indépendance. La joie de la population Centrafricaine qui porte Marcel en triomphe est immense, mais mon oncle après ce défilé garde un goût amer du fait de la disparition tragique de Barthélémy Boganda qui est à l’origine de cette réussite.

8/ Marcel participe au Festival Arts Nègres de Dakar en 1966, initié par le Président Léopold Sédas Senghor.

alliance-songomali2En 1966 le Colonel Jean-Bedel Bokassa renverse le Président David Dacko par un coup d’Etat et demande à Marcel Joachim Vomitiendé de former une fanfare militaire. Bokassa fait incorporer mon oncle dans la nouvelle armée pour encadrer l’orchestre militaire. Avant de créer la fanfare militaire Centrafricaine qui devient opérationnelle en 1967, Marcel participe au Festival Arts Nègres de Dakar en 1966, initié par le Président Léopold Sédas Senghor. De retour de cette Rencontre Culturelle et Artistique il fonde en 1967 avec le guitariste Prosper Mayélé l’Ecole Nationale des Arts de Bangui qui forme des musiciens, chanteurs et dramaturges. Parallèllement, Bokassa le nomme Chef de Service de Communication et de Propagande et d’Administration du Parti MESAN (Mouvement d’Evolution Social de l’Afrique Noire), mouvement fondé par Barthélémy Boganda et repris successivement par David Dacko et Jean – Bedel Bokassa. L’Etat sollicite Marcel Vomitiendé dans les années 70 pour créer la fanfare du parti MESAN, de la Police Nationale et de Castors. Il apporte une innovation dans le répertoire des fanfares Centrafricaines en intégrant des mélodies de chansons traditionnelles populaires du pays.

9/ Marcel anime à Bangui l’unique piano-bar de l’hôtel Safari Ambiance, de 1966 à 1979 lors des dîners officiels offerts aux invités de marque de l’Etat Centrafricain.

Marcel Vomitiendé

Marcel Vomitiendé

En sa qualité de professeur de musique et musicologie, Marcel assure la formation des professeurs et instituteurs stagiaires de l’Ecole Normale Supérieure, d’Instituteurs et Cours Normal de Jeunes Filles de Bangui, et ce de 1963 à 1982 l’année où il prend sa retraite. Marcel anime à Bangui l’unique piano-bar de l’hôtel Safari Ambiance, de 1966 à 1979 lors des dîners officiels offerts aux invités de marque de l’Etat Centrafricain. D’aucuns sont surpris de le voir jouer du Mozart, Beethoven ou Chopin. En 1976 Jean – Bedel Bokassa le sollicite pour harmoniser et accompagner la chorale qui se anime le sacre de son Couronnement en la Cathédrale Notre-Dame de Bangui, et ce en présence de 5 000 personnes dont la plus part postées dans la cour de l’église. Il est nommé Directeur de l’Ecole du Parti et de la Propagande en 1979 tout juste avant la chute de Bokassa. En 1982 il prend sa retraite et trouve du temps pour aller donner des cours aux enfants à domicile. De 1988 à 1993 il devient Chef de la Musique et d’Harmonie du parti RDC (Rassemblement Démocratique Centrafricain) du Général Kolingba. En 1994 Marcel Joachim Vomitiendé meurt suite à une longue maladie.



Anthologie de la Musique Centrafricaine

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