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10/Hommage à Marcel Vomitiendé par le Journaliste Centrafricain Félix Yépassis Zembrou

C’est avec une profonde émotion que j’ai lu sur le site maziki, l’article consacré à l’homme qui fut l’oncle de Sultan Zembellat. Je veux parler de Marcel Vomitiendé que tous les Centrafricains, ou presque, connaissaient, du moins ceux des années Bokassa et Kolingba. Qui ne se souvient pas de cet homme affable et élégant dont l’imposante stature ouvrait le défilé civil, à la tête de la fanfare du Mesan, lors des festivités du 1er décembre, du temps de gloire de Jean-Bedel Bokassa?
Personnellement, je l’ai connu à l’époque où j’étais encore sur les bancs du collège. J’habitais lakouanga (deux rues goudronnées), non loin du quartier Nzilavo, à l’angle duquel se trouvait sa maison. Chaque soir, ce pianiste hors pair berçait nos soirées avec ses mélodies qui dépassaient les cimes du Bas-Oubangui, et par-delà, l’Oubangui, jusqu’à Zongo, sur l’autre rive. Il jouait tard, portes et fenêtres grandes ouvertes. Sous d’autres cieux, l’on parlerait de tapage nocturne, mais pour les noctambules banguissois, habitués à la musique tonitruante des bar-dancing, Mbi yé, Cascade, ou « la Coupole » à Lakouanga, c’était au contraire la joie de savourer ce nouveau, venu du pays des « mbouzou ».
Le seul désagrément pour nous autres, collégiens et lycéens, était que cela nous empêchait, à la veille des compositions trimestrielles, de nous concentrer sur les cahiers de leçons, dans la rue, à la lumière des lampadaires publics. On aimait bien le dire à sa fille, Marie-Agathe, chaque fois que celle-ci se rendait le soir, chez la mère Kouasssi, acheter des beignets chauds. Néanmoins, chacun y trouvait son plaisir. Sinon, à quoi bon de rentrer à la maison où la chaleur et les moustiques régnaient en maîtres? Surtout encore que souvent, le pétrole venait à manquer dans les lampes.

piano2pgMarcel Vomitiende était sans doute l’une des grandes figures de la musique moderne que le pays ait connu depuis Barthélémy Boganda. Dommage qu’un musée, ou un institut quelconque à Bangui n’ait porté son illustre nom. Le comble, sa mort est passée dans l’indifférence la plus totale. A ma connaissance, il n’y a eu aucun hommage national, aucun communiqué officiel, ni aucune distinction honorifique à titre posthume. En tant que responsable des infos à la télé, j’aurais pu faire quelque chose, ne fut-ce que pour couvrir ses obsèques. Malheureusement, nous manquions cruellement de matériel à l’époque. Deux unités de reportages pour l’ensemble du pays)..Pourtant, cet homme s’était entièrement dévoué pour son pays, n’hésitant pas a accepter un autre sacrifice, la formation de la fanfare de police, ce en dépit de son âge avancé, et de la maladie qui commençait à l’affaiblir. Un jour, en rentrant à pied, comme d’habitude, du commissariat d’à côté où il allait donner ses cours de musique, il s’était arrêté à la Télé Et là, à l’ombre d’un arbre, nous avions échangé quelques banalités. C’était un homme moralement abattu tant par l’ingratitude des uns que par l’injustice des autres. En tout cas, M. Marcel Vomitiende restera dans les cœurs des mélomanes. Car il aura été le grand pionnier de la musique au lendemain de l’indépendance, avec un autre géant, aujourd’hui disparu, Prosper Mayélé.

11/Hommage à Marcel Vomitiendé par Sultan Zembellat

violonJe rends un vibrant hommage à mon oncle Marcel Joachim Vomitiendé fondateur des Fanfares Centrafricaines, créateur de l’Ecole Nationale des Arts et Professeur de musique auprès des stagiaires d’enseignement. Frère de l’église Catholique, Marcel Joachim Vomitiendé abandonne la soutane pour consacrer sa vie à l’éducation des enfants et de jeunes Centrafricains. C’est avec un talent de génie qu’il accompagne pour la première fois le Président Barthélémy Boganda dans l’hymme Centrafricain, « la Renaissance »en 1958. Il compose une série de chansons patriotiques et éducatives à l’aube de l’indépendance pour permettre aux Centrafricains d’afficher leur fierté et liberté retrouvées. Marcel au nom de la République Centrafricaine obtient en 1962 le premier prix du Conservatoire de Paris et est Lauréat de plusieurs grands prix musicaux Africains. Il fonde avec ses anciens collègues de l’école Saint Paul de Bangui « la Chorale Grégorienne Centrafricaine » qui anime des messes en Latin. Parmi ces choristes, l’on remarque la présence active de Victor Déto Tétéya et de Paul Bangui. Avant sa mort en 1994, Marcel Joachim Vomitiendé regrette le manque de reconnaissance de l’Etat Centrafricain vis-à-vis de lui, et ce pour tout le service rendu à la Nation. Il m’encourage de prendre la relève du combat culturel qu’il a mené jusqu’à son dernier souffle.

12/ Ses oeuvres diffusées sur les ondes de la Radio Bangui:

1/ Nation ti

« Oubangui guiriri na ya ti vouko ndo, RPF a pika mo, na chicotte mawa, Mo yèkè guiriri na ya tivouko ndo, RPF a sala mo na passi mingui, Nation ti Centrafrique mo zingo awé, Tènè ti Boganda na MESAN ti lo, Nation ti Centrafrique, mo zingo awé Tènè ti Boganda na MESAN ti lo.

2/ La joie de Bangui

« Ecoutez tous, ce chant sidoux, Cette mélodie qui vous dit la joie de Bangui,
Aïe au Safari, Aïe au Paradis,
Y ‘ a pas un seul pays qui resplondie en beauté, gaîté et hospitalité
Y ‘ a pas un seul pays qui resplondie en beauté, gaîté et hospitalité
Le beau pays c’est la RCA source d’amour
Aïe au Safari, Aï au Paradis,

2/ Citoyen

Ainsi donc notre ville poursuivit,
Conduira tout Citoyen à la vie,
Ainsi donc notre ville poursuivit,
Conduira tout Citoyen à la vie,
Vive l’unité, dans la dignité
Vive l’unité, dans la fraternité…


Sultan Zembellat
Anthologie de la Musique Centrafricaine

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