III/ Les Pionniers

III/ Les Pionniers de la Musique

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Jimmy Zakari

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Marcel vomitiendé

La Musique Centrafricaine semble être diluée dans la Rumba Congolaise au point d’apparaître comme un genre sans identité personnelle. Qu’en est – il en réalité? Au départ la ne possède que sa Musique Traditionnelle. Le contact avec la modernité, la colonisation et son corolaire comme l’expatriation, phènomène courant en son temps fait qu’on assiste à l’émergence des Centrafricains qui contribuent à la création de la Rumba Congolaise.

La Musique Centrafricaine Moderne existe même si elle fait figure de parent pauvre sur le plan international. L’absence d’une politique culturelle a « ghettoïsé » cette musique qui s’apparente à la « Rumba Congolaise ». En fait, la « Rumba Congolaise » est née dans les années 40 et 50, période où la Rumba Cubaine et le High Life font fureur en Afrique Centrale. Ainsi, la République Centrafricaine n’est pas demeurée insensible aux nouveaux courants musicaux du fait que des artistes locaux et de la diaspora de l’époque reprennent des morceaux populaires Cubains et Ghanéens diffusés sur le puissant émetteur de la Radio Brazzaville installé par le colonisateur Français.

Parmi les fondateurs de la Rumba Congolaise, force est de reconnaître l’apport important du Centrafricain Jimmy Zième dit Zakari. Celui-ci révolutionne la Rumba par une orchestration d’ensemble du fait désormais d’un changement sur le shémas d’exécution de ce style musical. Désormais un orchestre plus vivant remplace des chansonniers qui s’accompagnent à la guitare. Aussi, ce génie a eu le mérite d’introduire la guitare Hawaïenne dans la Rumba Congolaise. D’où son surnom par les Congolais de la RDC de Jimmy de l’Hawaïenne. Aussi, il enrichie la Rumba par l’apport de la musique classique, un style dominé par l’accord de quinte  » arpégé  » dont Franco Luambo Makiadi l’un de ses élèves en fait une spécialité. Outre Franco Luambo Makiadi, Jimmy Zakari forme Joseph Kabassélé, Docteur Nico, Tino Baroza et Deschaux qui évoluent plus tard au sein d’African Jazz.

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Jean Magalet

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Dominique EBona

Entre 1940 et 1957 en Centrafrique quelques pionniers animent la vie musicale du pays et parmi eux, le Professeur Marcel Joachim Vomitiendé, Dominique Eboma et le père Bassinet. En 1957 Jimmy Zakari rentre au bercail et participe à la formation de jeunes talents. Puis, arrive la deuxième génération des pionniers comprenant Prosper Mayélé de Centrafrican Jazz, Rodolphe Békpa de Vibro Succès qui développe la culture d’orchestre.
Parmi cette deuxième génération, l’on peut citer aussi les chansonniers Jean Magalet et Jean Mac lèsoua. Tous les deux Instituteurs, se spécialisent dans les chansons moralistes, patriotiques et éducatives.

Puis, la troisième génération des pionniers composée de Charlie Perrière de Tropical Fiesta, Diable Kombas de Succès Flash, Francis Georges Ferreira de Los Negritos Makémbé et de Thierry Darlan Yézo consolide et popularise la culture d’orchestre en Centrafrique entre 1965 et 1970. L’année 1958 est une période importante en Centrafrique dans la mesure où l’Oubangui Chari devient la République Centrafricaine et le pays est doté d’une Radio qui permet de diffuser des œuvres des groupes et artistes locaux. La période post-indépendance, notamment 1964 est dominée par une rivalité musicale entre Prosper Mayélé de Centrafrican Jazz et Rodolphe Békpa de Vibro Succès, suite à leur séparation relative à la formation Vibro Mayos. Les années 70 marquent l’arrivée et l’explosion d’une troisième génération d’artistes et de groupes Centrafricains parmi lesquels, Super Elégance, Super Commando Jazz, Négro Louamé, Musiki…

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Rodolphe Békpa

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Prosper Mmayele

La quatrième génération d’artistes Centrafricains est marquée par les groupes Canon Stars, Zokéla et de nombreux artistes évoluant en solo en France. Enfin, l’environnement politique et la situation économique criante en Centrafrique sont des facteurs qui ne favorisent pas l’émergence d’une cinquième génération d’artistes pouvant prendre la relève des anciennes gloires. Toutes fois, les groupes JMC, Tchuna Katchu et la chanteuse Laetitia Zonzambé sont identifiés comme cette cinquième génération d’artistes Centrafricains qui peinent à prendre leurs marques.



Anthologie de la Musique Centrafricaine

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