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Rodolphe Bépka et Vibro Succès

rodolphefRodolphe Békpa dit Békès

Rodolphe Békpa dit Maître Békers fonde l’orchestre Vibro Succès après la séparation avec Mayélé au sein de Vibro Mayos. Rodolphe est né en vers 1940 et devient un cadre de la fonction publique, notamment aux Finances, et ce après ses études secondaires. Il fait la connaissance de Prosper Mayélé en 1955 au quartier Sango à Bangui où ils habitent à cette époque. Son grand frère le politicien Prosper Kangala, compagnon de lutte de Barthélémy Boganda, guitariste lui – même initie Mayélé à cet instrument.

Pour mémoire, Prosper Mayélé créé la première formation appelée Tropical Jazz en 1955 à Bangui. Tropical Jazz devient Centrafrican Band et vers fin 1958 Prosper Mayélé fait appel à Rodolphe Bépka alors chanteur et bon compositeur pour soutenir le groupe. Le Centrafrican Band prend une dimension nouvelle avec le duo Prosper Mayélé et Rodolphe Bépka.C’est au sein de Centrafrican Band que Rodolphe Békpa compose et chante « Mo gbi » la chanson fétiche du groupe avec laquelle il inaugure la radio Bangui, le 1er décembre 1958. Le Centrafrican Band est composé à cette époque de : Raymond à la guitare solo, Mayélé à la guitare solo, Dalmeida à la guitare rythmique, Mavoudar à la contrebasse, Victor Koïndo au saxophone, Balar aux percussions, Rodolphe Békpa et Raymond Péndali Kila au chant.

Tout comme l’African Jazz et le Bantou de la capitale au Congo de deux rives qui jouent de la rumba, du Tchatchatcha, Méréngué, mambo et de la variété internationale, le Centrafrican Band joue le même répertoire. Lorsque le jeune chanteur Rodolphe évolue au sein de Centrafrican Band aux côtés de Mayélé en 1959, parallèlement il s’engage comme « scout » et effectue de nombreux voyages. C’est ainsi qu’il rencontre en 1959 au Congo Brazzaville, notamment à Pointe Noire et à Diosso le célèbre saxophoniste Essou jean Serge qui devient un de ses copains. De cette amitié se développe entre les jeunes musiciens des échanges musicaux. Le saxophoniste Essou Jean Serge joue tout comme Békers de la flûte traversière au moment de leur rencontre.En 1963, le groupe Centrafrican Band devient Vibro Mayos avec la tandem Mayélé / Békpa.

vibro1Ouélins Nganga Edo

Le nom Vibro Mayos veut dire « nous vibrons avec la guitare de Mayélé ». D’après Bépka, les membres du groupe donnent ce nom pour rendre hommage au guitariste de talent Mayélé. Des problèmes de rivalité entre Mayélé et Bépka provoquent la scission du groupe qui dure qu’à peine 6 mois. Mayélé forme Centrafrican Jazz et Békpa fonde Vibro Succès. Rodolphe Békpa, fonctionnaire des Finances obtient un crédit de la BND ( Banque Nationale de Développement ), effectue un voyage en France et achète une série d’instruments de musique avec une batterie. Il importe de signaler que les groupes jouent à l’époque avec des percussions composées de tumba, timbalès, maracass et claves. Rodolphe Bépka est le premier qui introduit la batterie dans la Rumba Congolaise et non le chanteur Congolais Rochereau comme d’aucuns le déclarent.
Rochereau introduit la batterie dans la rumba Congolaise en 1970 après son passage à l’Olympia à Paris. Selon Rodolphe Békpa, le passage à Bangui de l’Orchestra Aragon de Cuba qui amène une batterie l’inspire dans cette démarche. Donc, Rodolphe Békpa alias maître Békers mérite un hommage particulier du fait d’apporter une dimension nouvelle dans la rumba dite Congolaise.

vibro2Salvador

Vibro Succès enregistre un succès inattendu auprès du public centrafricain et devient un orchestre national tout comme le centrafrican Band. Rodolphe Békpa et Mayélé deviennent deux leaders incontestés de la Musique Centrafricaine naissante. La rivalité entre les deux vedettes prend une autre dimension du fait qu’elles se lancent des vannes à travers le véhicule de la musique. Vibro Succès et maître Békers s’installent au dancing ciel d’Afrique au Km5 qui devient un temple des supporters de l’équipe de football Olympic Réal de Bangui, « fiancés ». L’on remarque le passage du célèbre chanteur Charlie Perrière au sein de Vibro Succès à ses débuts, et ce jusqu’en 1965 où il part fonder avec Evis Evoko Rocka Fiesta qui devient Tropical Fiesta. Outre Déous Timossa, Enga Risos qui sont également des chanteurs de talents, l’on remarque également le passage d’un des meilleurs chanteurs de Franco Luambo Makiadi, Boy Banda Michel d’origine Centrafricaine au sein de Vibro Succès entre 1963 et 1964.

L’année 1970 est l’âge d’or du groupe Vibro Succès avec le chanteur populaire Lézy qui, à travers sa voix et ses compositions estampillent le style de cette formation. Qui ne se souvient pas de « Claudine 16 ans », « Olympic Réal », compositions qui renforcent la notoriété du groupe et de son chanteur de charme Lézy. L’ de claudine, une jeune fille de 16 ans scandalise ses parents, notamment sa maman qui débarde pendant un concert de Vibro Succès au dancing ciel d’Afrique pour réprimander le chanteur Lézy. « Yaya si mbi mou mo apè, mbi éké ba Pape ». Je traduis cette phrase chantée en sango : « Yaya, nom de claudine. Si je ne t’épouse pas, je vais voire le Pape ». En un mot, quoi qu’il en soit, je vais t’épouser. En tant mère d’une fille mineure, bien éduquée, en écoutant cette phrase et de surcroît, venant de la bouche d’un chanteur en général, assimilé aux voyous, l’on comprend la réaction de cette maman.

vibro3Raymond Kila Péndali

De plus, le slogan « Olympic éyé yé é yé peuple gagné é ». « Olympic, le peuple a gagné ». Cette chanson vante le mérite de l’équipe olympic réal de Bangui qui fait de jaloux parmi les supporter des club adverses. Si ces chansons provocatrices apportent du piment et du piquant au répertoire Centrafricain, elles développent la notoriété de Vibro Succès qui débordent les frontières. Des invitations pleuvent du Cameroun et du Tchad. Vibro Succès arrive au Cameroun pour une tournée en 1970. Le succès est tel qu’il est réinvité en 1972. Selon Rodolphe Bépka, le succès rencontré par Vibro est inexplicable. « Nous remplissons l’ancien stade militaire de Yaoundé en 1970, en 1972 le nouveau stade Amadou Haïdjo ». « Nous animons avec grand succès dans les villes de Mbalmayo, Edéa, Ebolova, Douala, Bafoussam, Bafang et d’autres ». L’orchestre garde un bon souvenir du Cameroun. Vibro Succès rencontre le même succès au Tchad où la population connaît bien l’orchestre. Le groupe effectue de 1967 à 1976 plusieurs tournées à Djaména, Moundou, Sahr et d’autre ville. Vibro Succès donne de prestations officielles à Bangui à la demande de Bokassa avec le groupe Congolais Trio Madjesi en 1974.
Cet affrontement permet à Vibro Succès d’être apprécié par le Trio Madjesi. L’un des chanteurs du groupe Trio Madjesi, Sax Sakool établit en France me confirme la qualité musicale de l’orchestre Vibro Succès dont il garde un bon souvenir. En 1975 Vibro Succès participe au Festival de Québec et revient à Bangui avec une nouvelle sonorité dominée par la présence des guitaristes frères Congolais Nganga Hilère et Béni-Béni. C’est l’époque de « Flo Flo », chanson populaire composée par le Malido Kété. En 1975 Bokassa brise la carrière de Prosper Mayélé et fait de Vibro Succès un orchestre d’Etat puis impérial en 1976. Vers fin 1976 Vibro succès et maître Békers prennent le chemin de l’aventure pour essayer de vivre mieux de leur et de faire découvrir la musique Centrafricaine sur le plan mondial. C’est au Nigéria que le groupe débarque en passant par le Cameroun. Vibro Succès rencontre un grand succès au Nigéria, signe avec des éditeurs et sort des disques qui se vendent bien. Malheureusement le groupe se divise en deux formations en 1977.

Béni Béni le diable de la guitare

D jango et Mabuse partent avec des dissidents et Békpa renforce le petit noyau des fidèles par des musiciens étrangers. Kakomalé, un saxophoniste du groupe trouve la mort au Nigéria en 1977. Vibro Succès commence à perdre son âme. Enfin dans les années 80 Rodolphe Békpa et quelques poignées de musiciens rentrent à Bangui sans atteindre l’objectif fixé au départ. Le président André Kolingba dote Vibro Succès d’équipement de musique et le groupe reprend des animations dans les dancings Banguissois. Rodolphe Békpa constate que la musique ne marche pas comme avant et confie le groupe à son chanteur Apôtre Ruffino et s’exile à Bangassou en province. La situation économique Centrafricaine s’empire et les orchestres ne font pas recettes.

Vibro Succès disparaît en 1988 et la plupard de ses membres meurent dans les années 90 (Apôtre Ruffino, Déous Timossa, Nganga Edo, Enga Risos, Raymond Kila Péndali et d’autres). Maître Békers séjourne en France en ce moment et projette de faire revivre ce passé glorieux qui s’inscrit désormais au patrimoine Musical Centrafricain. Après 25ans d’existence Vibro Succès et son leader Rodolphe Békpa pionnier de la Musique Centrafricaine rentrent de ce fait dans l’histoire de notre pays



Anthologie de la Musique Centrafricaine

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